Les larmes de la Première ministre danoise après l’abattage de millions de visons

La Première ministre danoise, Mette Frederisken, s'est excusée après l'abattage de millions de visons dans le pays.

ÉMOTION - La cheffe du gouvernement danois a présenté ses excuses pour la gestion de la crise des visons, dont elle avait décidé l'abattage massif dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Un mea culpa peu commun dans la sphère politique.

Une image rare à la télévision. La cheffe du gouvernement danois, Mette Frederisken, essuie ses larmes. La femme politique s’est excusée personnellement pour la gestion de la crise des visons, dont elle avait décidé l'abattage massif dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

"Je considère qu'il y a lieu de s'excuser pour le déroulement des faits. Je n'ai aucun problème pour dire pardon pour cela, car des fautes ont été commises", a-t-elle déclaré à la télévision TV2. Cette déclaration a été réalisée alors qu'elle rendait visite à un éleveur à Kolding, dans l'ouest du pays.

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De quoi cette femme politique est-elle tenue responsable ? Début novembre, la Première ministre danoise avait annoncé l'abattage généralisé de tous les visons du pays, à cause d'une mutation problématique du coronavirus via ces mustélidés qui pouvait selon des études préliminaires menacer l'efficacité du futur vaccin pour les humains.

Mais quelques jours plus tard, le gouvernement a reconnu qu'il n'avait pas de base légale suffisante pour cette mesure. Depuis, un projet de loi a été déposé au Parlement, il vise l'interdiction des élevages de visons jusqu'en 2022. 

Deux semaines après avoir lancé l'alerte, le gouvernement a conclu jeudi 26 novembre que cette menace potentielle pour les vaccins humains était "très probablement éteinte", en l'absence de nouveau cas détecté. 

Des agriculteurs danois en colère

La décision d'abattre tout le cheptel, soit environ 17 millions d’animaux au total, avait provoqué une véritable crise politique dans le pays. À travers cette affaire, c'est la gestion du pouvoir de la Première ministre, jugé trop autoritaire, qui est critiquée. Et la crise des visons appelée "minkgate" en est la parfaite illustration pour ses détracteurs. 

Face à la pression de l'opinion publique, le ministre de l'Agriculture, Mogens Jensen, s'était lui aussi excusé et avait finalement décidé de démissionner mi-novembre. Le lendemain, la Une du journal danois Politiken du 19 novembre était acerbe : on y voit le portrait de Mette Frederiksen avec, pour écharpe, un vison affublé de la tête de son ministre de l’Agriculture.

Mais la démission du ministre de l'Agriculture n'avait pas suffi à éteindre la colère des agriculteurs. Lors d'une manifestation organisée le 21 novembre, cinq-cents tracteurs avaient défilé dans le centre de la capitale danoise, pendant plusieurs heures. 

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Pour éclaircir cette affaire, le journal Politiken a appelé à une enquête dans son éditorial du jour. Il souligne, notamment, que six ministres du gouvernement social-démocrate étaient déjà au courant de l’absence de base légale au mois d’octobre. 

Pourquoi cette affaire prend-elle autant d'ampleur dans le pays ? Pour des raisons principalement économiques, puisque le Danemark est le premier producteur de ces fourrures de luxe. Selon Politiken, "le scandale des visons a eu un coût considérable pour le pays, tant sur le plan financier que sur celui de la confiance et du respect de l’État de droit". De quoi donner les larmes aux yeux à la Première ministre.

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