Covid-19 : des millions d'Américains menacés d'expulsion à compter de ce samedi

Un travailleur américain durant une expulsion à Galloway, le 3 mars 2021, dans l'Ohio

PAUVRETÉ - Frappées par la crise économique liée à la pandémie, des millions de familles américaines risquent d'être expulsées de leur logement à partir de samedi, date à laquelle expire le moratoire qui les protégeait.

Une nouvelle épidémie guette les États-Unis. Si le pays est confronté à une recrudescence du covid, c'est aussi la vague d'expulsion qui risque de s'abattre, dès ce samedi 31 juillet, sur le pays. Interdites pendant des mois, elles menacent désormais des millions de familles américains qui n'ont pas pu payer leur loyer du fait de la crise sanitaire.  

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Un moratoire depuis mars 2020

Depuis plus d'un an, les expulsions étaient suspendues. C'est d'abord l'administration Trump qui a mise en place cette mesure, dès mars 2020, afin d'éviter aux millions de personnes qui avaient perdu leur emploi à cause de la pandémie de se retrouver à la rue. 

Ce sont ensuite les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), qui l'ont prolongée, dès septembre 2020, puis à plusieurs reprises. Principale agence de santé publique du pays, elle explique sur son site qu'éviter les expulsions est "une étape clé pour aider à arrêter la propagation du Covid-19". Cela permet évidemment de "garder les gens chez eux et hors des lieux surpeuplés ou de rassemblement – comme les refuges pour sans-abri". Seulement, une décision de la Cour suprême est venue mettre un terme à ce dispositif. La plus haute juridiction du pays a stipulé en juin que la reconduction de cette mesure devra être adoptée par le Congrès, et non plus décidée par les CDC.

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La question est donc devenue politique. Une commission parlementaire a suggéré d'aller jusqu'au 31 décembre, sans pour autant rencontrer le soutien nécessaire, y compris dans les rangs démocrates. Un sursis jusqu'au 18 octobre avait alors été proposé. Mais "malheureusement, pas un seul républicain ne soutient cette mesure", comme l'a regretté ce vendredi soir la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi, dans un communiqué. "Il est extrêmement décevant que les républicains de la Chambre et du Sénat aient refusé de travailler avec nous sur cette question", a-t-elle déploré. 

"Il s'agit d'une préoccupation de santé publique", avait alerté plus tôt la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre. Le président lui-même s'était exprimé sur la question, demandant dès jeudi au Congrès d'étendre ce moratoire. 

En face, le camp des républicains a balayé du revers de la main ces critiques. Et ont plutôt accusé les démocrates de jouer sur le calendrier. "Nous sommes à trois jours de la fin du moratoire inconstitutionnel sur les expulsions du CDC, et quelle est la solution du président Biden ? Blâmer la Cour et appeler le Congrès à y remédier", a ainsi déploré le vice-président républicain de la Commission des services financiers de la Chambre des représentants, Patrick McHenry. Une source au Congrès a par ailleurs indiqué à l'AFP que l'idée était aussi loin de faire l'unanimité dans les rangs démocrates.

Le moratoire prend donc fin ce samedi. Au plus grand damne des quelque 10 millions de personnes en retard sur le paiement de leur loyer, selon les calculs du CBPP, un institut de recherche indépendant. 

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