Covid-19 : des pays européens refusent-ils le pass sanitaire ?

Covid-19 : des pays européens refusent-ils le pass sanitaire ?

HARMONIE - Nicolas Dupont-Aignan a assuré ce mardi que certains de nos voisins refusaient le "pass sanitaire", citant l'Italie et les Pays-Bas. Pourtant, les 27 de l'UE se sont tous accordés pour mettre en place un certificat de vaccination.

Nicolas Dupont-Aignan a vilipendé le "pass sanitaire" ce mardi 25 mai, en assurant que cet outil de lutte contre la propagation du coronavirus allait conduire à une forme de "discrimination en fonction de son état de santé". "Je ne suis pas du tout rassuré", a ainsi lancé le député de l'Essonne sur France Inter. Preuve selon lui que ses doutes sont légitimes, il a assuré que plusieurs pays - dont l'Italie et les Pays-Bas - sont, eux aussi, réticents. Qu'en est-il réellement ?

Toute l'info sur

L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

Un concept accepté par les 27

Pour rappel, ce "pass sanitaire" définit deux choses. Tout d'abord, le "certificat numérique vert" ou "Digital Green Certificate",
en anglais. Mis en place à l'échelle du continent, il est une "preuve numérique" attestant soit qu'une personne a été vaccinée contre le coronavirus, soit qu'elle a reçu un résultat de test négatif ou encore qu'elle a guéri du virus. Ce certificat permettra aux citoyens de l'espace européen ou résidant sur le territoire d'être "exemptés des restrictions à la libre circulation de la même manière que les citoyens de l'État membre visité", écrit la Commission sur son site

Un sésame européen sur lequel la totalité des 27 pays de l'Union européenne (UE) se sont accordés. Il a fait l'objet d'un accord entre le Parlement européen et les États membres de l'Union, pour une entrée en vigueur le 26 juin. Des pays hors Union pourront également profiter de ce dispositif. C'est notamment la solution considérée par l'Islande qui avait pourtant déjà son propre passeport sanitaire. Il avait le désavantage de n'être reconnu qu'au sein du pays, Reykjavik a donc préféré intégrer le système européen. C'est aussi le cas pour le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse, comme le précise la Commission européenne.

Lire aussi

Alors pourquoi l'élu souverainiste assure-t-il que "la CNIL italienne a refusé" cet outil et que "les Pas-Bas s'y refusent pour partie" ? Si tous les pays se sont accordés sur ce principe, qui permettra de retrouver ses voisins après plus d'un an de fermeture, il appartient par contre à chacun d'eux de s'y plier, en créant sa propre application, ou en l'intégrant dans sa plateforme nationale. C'est le choix fait par la France et son fameux "pass sanitaire". Il possède plusieurs avantages, dont celui de pouvoir se rendre à des événements réunissant plus de 1000 personnes. 

Des applications nationales

C'est dans le cadre de cette mise en application que certains pays rencontrent quelques obstacles. En Italie, contrairement à ce qu'assure Nicolas Dupont-Aignan, il y aura bien un pass sanitaire européen. Sauf que Rome a voulu aller encore plus loin, demandant un "green pass national". Présenté par le Premier ministre, Mario Draghi, il doit permettre de relancer les déplacements à l'intérieur du territoire. Or, le 6 mai dernier,  la "CNIL italienne" a regretté que ce pass possède trop d'informations sur l'utilisateur, et notamment le nombre de doses reçues. La Garante per la protezione dei dati personali préfèrerait donc un modèle dans lequel on précise simplement si oui ou non la personne peut voyager. À l'image de ce que prévoit l'UE. 

Le Secrétaire d'Etat chargé de la Transition numérique, Cédric O, a fait savoir ce 23 mai que les personnes qui auront à charge de vérifier le certificat n'auront aucune information. Elles seront uniquement face à un écran vert ou rouge. "Ce qui permet de protéger les données de santé." Le garant de la vie privée italienne a également indiqué qu'il souhaitait que soit explicitement exclue dans la loi l'utilisation de cette application à des fins autres que celles expressément prévues. Il est donc faux de dire qu'il a catégoriquement refusé cet outil. D'ailleurs, lors d'une audience en commission, son président a bien précisé ne "rien vouloir bouleverser" dans le calendrier du gouvernement, mais simplement "vouloir contribuer au débat avec [ses] suggestions"

En vidéo

Comment va fonctionner le pass sanitaire en France ?

Quant aux Pays-Bas, eux aussi s'y plient, avec leur application "CoronaCheck". Simplement, et contrairement à la France, le pays a effectivement choisi d'adopter ce modèle uniquement pour prendre l'avion et non pas pour l'entrée à certains événements. Pour le moment. 

À l'avenir, comme le précise le site du gouvernement,"l'accès à certains lieux sociaux, culturels et sportifs nécessitera un résultat de test négatif"', citant comme exemples "une visite au musée, un festival ou un match de football". Exactement comme le modèle français.

Le seul pays qui rejette réellement le pass sanitaire, ce sont les États-Unis. Outre-Atlantique, l'idée est franchement discutée, si bien que la Maison-Blanche a refusé d'en créer un au niveau fédéral. L'argument : la garantie de la protection de la vie privée et des droits des Américains. Il appartient donc à chaque État de décider individuellement. Une stratégie opposée à l'unité européenne.

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Météo : 21 départements en vigilance orange aux orages, le Rhône en vigilance canicule

AstraZeneca annonce que son traitement anti-Covid est inefficace

EN DIRECT - Masque à l'école : il pourra être enlevé à la récréation mais pas dans les classes

Rappel de nombreux lots de glaces en raison d'un pesticide cancérogène

Disparition de Delphine Jubillar : Cédric Jubillar, sa mère et son beau-père en garde à vue

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.