Covid-19 : pourquoi la troisième vague sera bien pire que les précédentes en Afrique

Covid-19 : pourquoi la troisième vague sera bien pire que les précédentes en Afrique

DÉFERLANTE - Plutôt épargnée par la pandémie de Covid-19 jusqu'alors, l'Afrique s'apprête à traverser une troisième vague "brutale". LCI fait le tour des raisons qui pour lesquelles le continent se trouve dans cette situation.

"La dernière vague menace d'être la pire à ce jour en Afrique", estimait jeudi le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le continent. Alors qu'il avait jusqu'ici évité les scénarios catastrophes observés au Brésil et en Inde, avec "seulement" 5,3 millions de cas et 139.000 décès, il est désormais frappé par une troisième vague "brutale" de coronavirus, qui met sous pression des hôpitaux en manque de moyens et déjà éprouvés.

Cette semaine, l'Afrique a vu le nombre de nouveaux cas bondir de 25%. "La troisième vague s'accélère, se propage plus vite et frappe plus fort", a martelé Matshidiso Moeti. Alors comment expliquer que l'Afrique, jusque-là plutôt épargnée, se retrouve dans une telle situation ?

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Des livraisons de vaccins quasi à l'arrêt

Au-delà d'une certaine lassitude observée concernant le respect des gestes barrières, le continent fait face à un arrêt quasi total des livraisons de vaccins. Une flambée des cas en Inde, principal fournisseur de vaccins d'AstraZeneca, a retardé les livraisons par le biais du dispositif Covax de l'OMS. Lors d'un sommet au Royaume-Uni le 11 juin dernier, les membres les plus riches du G7 se sont engagés à offrir un milliard de doses aux pays les plus pauvres. Les États-Unis ont promis de prendre en charge la moitié des vaccins promis. 500 millions de doses de Pfizer/BioNTech doivent ainsi commencer à être envoyées en août, avec 200 millions de doses livrées d'ici à la fin de l'année. Les 300 autres millions de doses doivent être livrées d'ici juin 2022.

Mais selon l'OMS, l'Afrique a urgemment besoin de millions de vaccins. Au 17 juin, le système international Covax de fourniture de vaccins pour les pays plus pauvres avait fourni seulement 88 millions de doses dans 131 pays, bien en deçà de ce qui était prévu. "C'est une course contre la montre, la pandémie est en avance sur nous. En Afrique, nous ne sommes pas en train de remporter la bataille contre le virus", avertit le directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies du continent (Africa CDC), John Nkengasong. Selon l'OMS, moins de 1% de la population est entièrement vaccinée. Avec 50 millions de doses injectées, la France à elle seule a vacciné davantage que n'a pu le faire toute l'Afrique jusqu'à présent.

La mauvaise gestion des stocks de doses par le continent africain

Mais en plus du manque d'approvisionnement, le continent a accumulé les doutes et les défaillances. Des pays dotés de vaccins n'ont pas réussi à les administrer avant leur péremption. Le Malawi a détruit en mai près de 20.000 doses périmées. La République démocratique du Congo et le Sud-Soudan en ont renvoyé plus de deux millions. L'Afrique du Sud, qui n'a vacciné que 2,2 millions de personnes sur une population de 59 millions, a dû détruire 2 millions de doses après une erreur lors de la fabrication. 

À ce jour, 18 pays africains ont épuisé la quasi totalité des vaccins envoyés par l'OMS. Ce vendredi, plusieurs milliers de Sud-Africains ont manifesté à Pretoria à l'appel du parti d'opposition Economic Freedom Fighters (EFF) pour réclamer l'accélération des vaccinations contre le Covid-19. Seuls 2,5 millions d'habitants sur 59 millions ont reçu une dose à ce jour, principalement des personnes âgées et des soignants, alors que le pays est officiellement le plus touché du continent avec 35% des infections.

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Le variant Delta détecté sur le continent

Selon l'OMS, le variant Delta a par ailleurs été signalé dans 14 pays africains. Pour tenter de contenir cette flambée épidémique, plusieurs pays ont à nouveau mis en place des mesures sanitaires strictes. L'Ouganda est à nouveau confiné, et les commerçants sur les marchés doivent rester dans leur échoppe, dormir sur place et ne pas retourner chez eux.  Le Kenya joue la carte du couvre-feu, tandis que le Rwanda a interdit lundi "tous les rassemblements sociaux comprenant des festivités", dont les mariages, et a étendu son couvre-feu.

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