Covid-19 : on vous explique la mesure "fenêtre", imaginée par les Belges pour voyager en train

KENZO TRIBOUILLARD / AFP

ORIGINAL - Alors que les vacances de Pâques viennent de commencer en Belgique, les voyageurs qui décident de se rendre sur le littoral belge doivent désormais se plier à la "règle de la fenêtre". Une mesure qui vise à limiter l'afflux touristique, mais dont la mise en oeuvre pourrait s'avérer compliqué.

C'est une mesure qui a beaucoup fait parler d'elle chez nos voisins belges depuis son annonce mi-mars. Mais depuis qu'elle est entrée en vigueur en ce week-end de Pâques qui marquait le début des vacances en Belgique, elle fait bouillonner la SNCB, la compagnie nationale des chemins de fer et les syndicats : la fameuse "règle de la fenêtre".

En théorie, il s'agit de limiter l’affluence touristique et donc le nombre de places dans les trains en direction du littoral belge, mais en pratique, cela revient à séparer les couples ou les parents de leurs enfants de plus de 12 ans.

Diminuer "l’invasion touristique"

"La SNCB a fait de nombreux efforts ces derniers mois pour permettre à chacun de voyager en toute sécurité. Aujourd’hui, vu la forte circulation du virus, le Comité de concertation a décidé de prendre de nouvelles mesures afin de limiter encore la propagation du virus", avait ainsi détaillé le ministre belge de la Mobilité, Georges Gilkinet, dans un communiqué en mars dernier. Et de poursuivre : "Concrètement, sauf pendant les journées scolaires, à partir du 3 avril, seules les places assises situées à côté des fenêtres pourront être utilisées pour voyager en train à destination de et de retour des lieux d’affluence touristiques". Objectif : baisser de 50% le taux de fréquentation des trains vers la côte.

Plus précisément, cette règle s’applique aux trains en direction de la côte belge dont les bourgmestres ont explicitement demandé de diminuer "l’invasion touristique", rappelle Ouest-France, qui consacre ce mercredi un article à cette mesure originale. Elle sera appliquée jusqu'au 25 avril.

"Les agents de la SNCB ne sont pas des videurs de boîte de nuit"

Mais à la tête de la SNCB, Sophie Dutordoir demande au gouvernement de revoir sa copie, redoutant au moindre rayon de soleil un afflux ingérable de voyageurs et des files d'attentes qui se multiplient, sans respect des gestes barrières. Des arguments qui trouvent un écho auprès des principaux syndicats des cheminots. "Ce n’est pas au personnel de la SNCB de vérifier que les voyageurs respectent les conditions de sécurité, de contrôler les flux de voyageurs dans les gares et sur les quais", explique à RTBF CGSP Cheminots, quand la CSC Transcom, résume : "Les agents de la SNCB ne sont pas des videurs de boîte de nuit."

À la veille de sa mise en œuvre, il y a quelques jours, il déclarait dans la presse belge que "ce n’est pas une mesure facile à mettre en œuvre". Mais il la juge nécessaire. "On aidera la SNCB à mettre en œuvre la mesure, avec l'aide de la police. Et chaque citoyen peut aider la SNCB en choisissant d'autres destinations que la côte", conclut-il.

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En pratique, la météo dissuasive en ce premier week-end des vacances a rendu plus facile l'application de la mesure, les Belges ayant préféré prendre la direction de Gand ou Bruges plutôt que celle de la mer. Reste à voir s'il en sera de même les jours de beaux temps. 

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