Un an après les débuts de la pandémie, les Chinois reprennent une vie "presque" normale

Un an après les débuts de la pandémie, les Chinois reprennent une vie "presque" normale

CRISE SANITAIRE - Il y a onze mois, tous les regards étaient tournés vers la Chine, premier pays touché par la pandémie de Covid-19. Aujourd'hui, le nombre de cas a fortement baissé mais la crainte d'une seconde vague provenant de l'étranger n'a pas disparu.

Il y a un pays où la vie a repris son cours : la Chine. Dans ce pays de plus d'un milliard d'habitants, les rues de la capitale sont bondées et les bars ont retrouvé leurs habitués. À l'intérieur du "Social", bar pékinois en vogue, la jeunesse dorée danse collé-serré sur de la musique latino. Ici, il n'y a pas de gestes barrières et les masques ont été laissés au vestiaire. 

"Je n'ai pas peur", lâche une jeune femme avant d'aller rejoindre ses amis. Sur la piste de danse, l'épidémie du coronavirus semble très loin dans les esprits. "On est très satisfait car la Chine a bien contrôlé l'épidémie, maintenant, notre bar n'est plus du tout impacté", se réjouit Liang Yang, responsable du bar "La Social". 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Il y a presque onze mois, la ville chinoise de Wuhan suscitait toutes les inquiétudes puisqu'elle était devenue l'épicentre de l'épidémie. Comment ce pays a-t-il réussi à tirer son épingle du jeu ? "En Chine, la flambée épidémique était très localisée, plus de 95% des cas étaient situés dans la province du Hubei dont le chef-lieu est Wuhan", décrypte Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. Par exemple, la capitale chinoise Pékin - qui compte 21 millions de personnes - avait enregistré moins de 1000 contaminations au Covid-19. 

" La stratégie du pays était la suivante : mettre la région du Hubei sous cloche tandis que les autres provinces - moins touchées par le virus - lui portaient secours", détaille le spécialiste. Dès le mois de mars 2020, l'épidémie de Covid-19 était sous contrôle. 

Censure et propagande pour endiguer l'épidémie

Mais le "succès" de la gestion sanitaire chinoise a aussi été facilitée par le système autoritaire qui prévaut dans le pays. "Dans les régimes autoritaires, le contrôle de la population est déjà très important", indique le chercheur avant d'ajouter : "En Chine, il existe aussi une censure importante doublée d'une forte propagande. C'est ce qui a permis de mobiliser la population au niveau national", continue Antoine Bondaz. 

En Chine, cela fait presque un an que le pic de l'épidémie a été enregistrée. "L'objectif du pays est de supprimer totalement la circulation du virus. On est encore bien loin de cela en Europe", affirme le spécialiste. Pour atteindre cet objectif, des restrictions ont été mises en place dans certains lieux publics. 

Les Chinois priés de manger en silence au restaurant

Au restaurant, les clients sont priés de suivre des règles bien précises. "Vous avez ici des barrières en plastique. Elles ont été installées après l'épidémie. Ça permet de stopper les gouttelettes de salive", présente fièrement la gérante du restaurant Tianqui Du. Sur ces vitres transparentes qui séparent chacune des tables, on peut y lire : "Évitez de trop parler quand vous mangez". 

Dans la vie quotidienne des Chinois, l'épidémie a laissé des traces. Dans tous les domaines, l'objectif est le même : réduire les contacts humains. Bientôt, même les livreurs seront remplacés par des robots complétement autonomes. Déjà une dizaine de ces engins circulent dans les rues de Pékin. "Il suffit de mettre le numéro de commande, de choisir l'adresse, la porte s'ouvre et je peux y placer la livraison", montre, Bohao Guo, le responsable de l'entreprise Jingdong. 

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Alors que les Chinois étaient pointés du doigt il y a un an, c'est à leur tour de craindre une deuxième vague venant de l'étranger. Les voyageurs qui arrivent dans le pays sont soumis à une stricte quarantaine. 

À Pékin, la population souhaite garder ses distances avec les touristes étrangers. "Je n'aime pas prendre de clients étrangers, la situation hors de Chine est vraiment mauvaise", lâche un chauffeur de taxi de la capitale. La méfiance est encore plus frappante dans un hôtel qui refuse formellement d'accueillir des clients occidentaux. Et dans les rues, les Européens ont mauvaise presse : "Vous, les Français, vous devriez mettre un masque", ordonne une jeune femme à la caméra. 

Le pays reste tout de même sur le qui-vive. Samedi 26 décembre, vingt nouveaux cas ont été rapportés pour l'ensemble du territoire, dont deux confirmés à Pékin. "Les autorités ont conseillé à la population de limiter les déplacements afin d'éviter de propager de virus", atteste Antoine Bondaz. Une vie "presque" normale. 

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