Variant Delta : la décrue qui semble s'amorcer chez certains de nos voisins est-elle de bon augure ?

Variant Delta : la décrue qui semble s'amorcer chez certains de nos voisins est-elle de bon augure ?

TOUR D'HORIZON - Si le nombre de cas de Covid-19 s’envole en France, d’autres pays européens, pourtant très impactés ces dernières semaines, semblent profiter d'un ralentissement de la diffusion du virus. De quoi laisser espérer que l'Hexagone suive la même tendance d’ici à la fin de l'été ?

La prudence reste de mise mais de premiers signaux sont là. Malgré la levée de certaines contraintes sanitaires, la propagation de Covid-19 semble ralentir voire régresser en Europe selon les récents chiffres de contaminations. Et cette tendance s'observe notamment dans des pays qui ont été particulièrement touchés par cette quatrième vague ces dernières semaines, avec une augmentation rapide du nombre de cas liés au variant Delta, considéré comme 60% plus contagieux que le variant Alpha, lui-même plus contagieux que la souche initiale du virus.

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C'est notamment le cas des Pays-Bas et du Royaume-Uni qui font partie des pays qui ont enregistré les plus fortes décrues ce vendredi avec respectivement 5312 cas (-46%) et 28.462 cas (-38%). La situation semble aussi se renverser en Espagne ou encore au Portugal, mais dans des proportions moindres. Un aperçu de ce qui nous attend en France ces prochaines semaines ? On fait le point.

Espagne

Plus en détail, en Espagne, où les contaminations ont flambé mi-juillet, en particulier en Catalogne, et notamment chez les jeunes, le nombre de cas a cessé d’augmenter. Au niveau national, l’incidence s’est stabilisée mercredi pour la première fois depuis plusieurs semaines à près de 700 cas pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours, un taux qui reste cinq fois plus élevé qu’il y a un mois. Même tendance à la baisse en Catalogne, avec un taux d'incidence d'environ 1100 pour 100.000 habitants, qui reste toutefois le plus haut dans le pays. Dans cette région touristique, le couvre-feu a été prolongé, à partir de 1h du matin, et ce jusqu’au 6 août.

"Nous avons commencé à voir une certaine stabilisation de la courbe des cas", certes "minime", s’est prudemment félicité jeudi le chef du gouvernement Pedro Sanchez. 

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la courbe des contaminations est aussi en baisse après avoir atteint des records début juillet. Quelque 3900 nouveaux cas ont ainsi été recensés ce mardi, selon les derniers chiffres officiels,  contre plus de 11.000 il y a deux semaines,  tandis que le nombre de patients hospitalisés restait lui en hausse. 

La situation dans les hôpitaux "semble gérable", a toutefois commenté le premier ministre Mark Rutte. Par précaution, le gouvernement a annoncé lundi l'annulation jusqu'au 1er septembre de tous les événements et festivals se tenant sur plus de 24 heures pour éviter de nouvelles flambées des cas. Les éditions 2021 de festivals de musique internationalement connus tels que Lowlands, Mysteryland et Down the Rabbit Hole, prévues en août, sont donc annulées. 

Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le bilan est en demi-teinte. Depuis le 20 juillet, lendemain de la levée des dernières restrictions liées au virus, les nouvelles contaminations n'ont fait que baisser, atteignant mardi 23.511 nouveaux cas quotidiens contre 60.000 nouveaux cas en 24 heures récemment, marquant une baisse de 30% du nombre de cas positifs sur sept jours. Mais le Premier ministre Boris Johnson a appelé dans la foulée les Britanniques à "rester très prudents". Expliquant avoir "évidemment remarqué" cette tendance, il a souligné qu’il était "très important que nous ne nous permettions pas de tirer des conclusions hâtives".

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Sans doute a-t-il bien fait puisque l'épidémie de coronavirus a continué de progresser la semaine dernière au Royaume-Uni, selon une étude de l'Office national des statistiques (ONS) publiée vendredi, qui contraste avec la baisse observée dans le nombre de cas enregistrés quotidiennement par les services de santé. La semaine qui s'est achevée le 24 juillet, le nombre de cas a ainsi continué à augmenter au Royaume-Uni sauf en Écosse, où le pourcentage de personnes testées positives a diminué, selon l'ONS, qui note toutefois un possible ralentissement en Angleterre. L'ONS, qui se base sur un échantillon de la population, estime que 856.200 personnes en Angleterre étaient infectées cette semaine-là soit une sur 65, la même proportion qu'en Irlande du Nord. En Écosse, une personne sur 110 était infectée, et au Pays de Galles, une sur 160. Enfin, les hospitalisations augmentent (près de 6300 ces sept dernier jours, en hausse de 21%), tout comme les décès : 499 ces sept derniers jours, (en hausse de près de 29%), pour un total de plus de 129.000 morts, l'un des pires bilans en Europe.

Et en France ?

Faut-il espérer voir la situation évoluer de la même manière en France ces prochaines semaines ? Philippe Amouyel, épidémiologiste et professeur de santé publique à l’Université de Lille, se montre sceptique. "L’épidémie n’a pas démarré au même moment dans tous les pays. Si vous prenez l’exemple de certains pays comme le Royaume-Uni ou l’Espagne, ce sont des pays qui ont commencé près d’un mois et demi avant nous le développement de leur épidémie à partir du variant Delta", a-t-il expliqué sur Europe 1 considérant que la comparaison ne tient pas. Mêmes réserves pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé globale à la faculté de médecine de l’université de Genève qui nous rappelle que "plusieurs scénarios sont possibles à ce stade : la fin de cette vague estivale, un répit transitoire avant une résurgence à la fin de l’été, ou le maintien d’un plateau élevé comme durant l’hiver". 

Pour l'heure, le nombre de malades admis en soins critiques est en hausse de 96% par rapport à la semaine dernière tandis que la tension hospitalière reste faible, avec 19% des lits de réanimation occupés au 27 juillet. Jeudi, plus de 1000 patients malades d'une forme grave du Covid-19 étaient traités jeudi à l'hôpital dans les services de soins critiques, et le nombre d'hospitalisations avait lui aussi légèrement augmenté, avec 7236 patients jeudi contre 7208 mercredi et 501 nouvelles admissions depuis la veille, selon les chiffres de Santé publique France. Le nombre quotidien de nouvelles contaminations restait au-dessus des 25.000.

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