Covid-19 : Naples "à genoux", les images terrifiantes d'hôpitaux submergés

Covid-19 :  Naples "à genoux", les images terrifiantes d'hôpitaux submergés

DEUXIÈME VAGUE - La propagation du Covid-19 repart brutalement à la hausse en Italie. Des hôpitaux sont saturés, comme à Naples, où un patient en attente d'hospitalisation a été retrouvé mort dans les toilettes du plus grand établissement de la ville.

L'Italie à son tour frappée par la virulence de la deuxième vague. Mercredi, la Péninsule a recensé plus de 32.000 infections  et 623 morts en 24 heures, selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé. Le seuil  symbolique du million de cas officiellement enregistrés a été franchi, comme dans neuf autres pays précédemment : les États-Unis, l'Inde, le Brésil, la Russie, la France, l'Espagne, l'Argentine, le Royaume-Uni et la Colombie, selon un décompte de l'AFP. 

Après un répit estival, la propagation de l'épidémie est repartie à la hausse depuis septembre, et les contaminations ne cessent d'augmenter (+16% en une semaine). Résultat, régions et gouvernement ont dû prendre des mesures de restrictions limitant la mobilité et le travail. Les bars, restaurants et magasins ont par ailleurs été fermés dans les zones les plus touchées et un couvre-feu a été instauré à l'échelle nationale, suscitant parfois la colère. Mais rien n'y fait. Et les hôpitaux saturés ne peuvent plus absorber le trop plein de malades. 

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"Situation hors de contrôle"

"La situation est largement hors de contrôle", a même déclaré lundi à la télévision publique RAI Massimo Galli, le chef du département des maladies infectieuses de l'hôpital Sacco de Milan, en Lombardie. Dans cette région, l'une des plus touchées du territoire, il n'y a plus de places vacantes dans les cliniques, et pas assez de personnel médical. Du coup, l'armée a dû déployer un hôpital de campagne directement sur la piste de Formule 1 de Monza.

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Chaos dans les hôpitaux italiens face à l'affluence de malades

Dans le sud du pays, plutôt épargné lors de la première vague, les services de santé sont également au bord de la rupture. Ainsi, à l’hôpital Cotugno, de Naples, faute de lits disponibles à l’intérieur de l’établissement, des personnes sont placées sous oxygène directement dans leur voiture. Tandis que dans le plus grand établissement de la ville, l'hôpital Cardarelli, un octogénaire en attente d'hospitalisation  a été retrouvé mort aux toilettes.

"La Campanie est à genoux", s'est alarmé Luigi Di Maio, ministre italien des Affaires étrangères, originaire de la région, dans une interview vendredi au quotidien La Stampa

15.000 lits d'hôtel pour les patients Covid

Le chef de la diplomatie transalpine a par ailleurs indiqué que le gouvernement a dû réserver 15.000 lits d'hôtel à travers le pays pour les patients Covid. "Dans certaines régions, le seuil critique pour les hôpitaux a été dépassé et, dans toute l'Italie, il y a une forte probabilité de saturation en moins d'un mois pour les soins intensifs", a alerté de son côté Silvio Brusaferro, le président de l'Institut supérieur de la santé. 

Mais comment le pays, pourtant cité en exemple il y a quelques semaines, s'est-il retrouvé dans une situation aussi précaire ?

Certains pointent la stratégie du gouvernement, qui, pour éviter un reconfinement national, a privilégié jusqu'à maintenant une politique de tests antigéniques - et ce dès le mois d'août - dont un résultat négatif permet aux citoyens de circuler librement. 

Un choix pourtant contesté : "Je pense que ces tests ne sont pas utilisés correctement pour le moment, ils sont proposés au hasard à tout le monde", a ainsi déclaré à l'AFP le professeur de médecine moléculaire Andrea Crisanti de l'Université de Padoue.

Devant la croissance rapide du nombre de nouveaux cas et d'hospitalisations, des médecins et experts réclament un reconfinement généralisé. Le Premier ministre Giuseppe Conte a fait savoir mercredi que le gouvernement ne s'y résignait pas encore. L'exécutif, a-t-il souligné dans un entretien à La Stampa, veut "éviter la fermeture de tout le territoire national" et suit "en permanence l'évolution de la contagion, la réactivité et la capacité de réponse de notre système sanitaire".

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