Covid-19 : le Brésil sur un plateau de 2500 morts par jour

Des militants de l'ONG brésilienne Rio de Paz ont creusé 100 tombes symboliques sur la plage de Copacabana pour protester contre la mauvaise gestion de Jair Bolsonaro.

BILAN - Le nombre de décès quotidiens du Covid-19 au Brésil s'est stabilisé depuis une semaine, mais à un niveau très élevé : 2500 morts en moyenne. Avec la levée de certaines restrictions, cela pourrait à nouveau s'envoler, craint un spécialiste.

En cette période de pandémie, le Brésil bat un à un les plus tristes records. Possédant déjà le pire taux de mortalité des Amériques et de l'hémisphère Sud, avec 182 morts de Covid-19 pour 100.000 habitants, devant les Etats-Unis (172), il  enregistre depuis une semaine une moyenne de 2580 décès quotidiens de Covid-19. "Les courbes se sont apparemment stabilisées, mais à un niveau très préoccupant, avec un nombre de décès encore extrêmement élevé", a expliqué à l'AFP Mauro Sanchez, épidémiologiste de l'Université de Brasilia.

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La crainte de voir la situation s'éterniser

Malgré cette "apparente stabilisation", celui-ci craint de voir les courbes repartir à la hausse, en raison des fêtes de Pâques, les effets n'étant ressentis que quelques semaines plus tard. "S'il y a eu beaucoup de rassemblements lors de ces fêtes, cette stabilité pourrait n'être que temporaire", prévient-il.

Mais ce spécialiste craint surtout que le Brésil soit à nouveau entré sur un plateau élevé interminable, comme l'an dernier, quand le pays a compté plus de 1000 décès en moyenne par jour de juin à août. "Avec la deuxième vague, les courbes ont commencé à remonter en novembre et cette hausse est devenue très brusque à partir de janvier, et nous avons atteint ce niveau très élevé. On ne peut pas banaliser ces chiffres et dire qu'une journée à 2500 morts est une bonne chose", estime-t-il.

Vers une nouvelle flambée des cas ?

De plus, si la  moyenne de contaminations journalière, qui avait dépassé les 75.000 nouveaux cas fin mars, est à présent passée sous les 65.000, cette décrue du nombre de nouvelles contaminations pourrait être de courte durée. Depuis plusieurs semaines, les mesures de restriction ont en effet  commencé à être levées dans de nombreux États brésiliens, notamment ceux de Sao Paulo et Rio de Janeiro. "Parfois, cette levée des restrictions est peu significative, comme par exemple l'autorisation d'ouverture des bars deux heures plus tard. Mais ce qui est inquiétant, c'est le message que cela envoie à la population, qui finit par se relâcher et s'exposer davantage au virus", explique Mauro Sanchez.

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Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui n'a cessé de minimiser la pandémie, excluait encore début avril toute idée de confinement et demandait même aux élus de "revenir sur les mesures de restrictions et de permettre aux gens d’aller travailler" : "Cette politique de ‘rester à la maison’ prend des emplois aux autres, ferme les commerces, appauvrit notre pays. Nous connaissons le problème du virus, mais nous connaissons aussi le problème du chômage". Un mois plus tôt, il demandait à son peuple d'arrêter "de geindre" au sujet du Covid-19. "Nous regrettons les morts", avait-il déclaré en inaugurant un tronçon ferroviaire dans l'État du Goais, "mais où va le Brésil si on arrête tout ?"

Une Commission d'enquête parlementaire (CPI) doit commencer à se pencher la semaine prochaine sur des "omissions" du gouvernement.

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