Covid-19 : le traitement administré à Donald Trump va être utilisé en Allemagne

Donald Trump le 5 octobre 2020 à sa sortie du  Walter Reed Hospital, où il a passé quelques jours après avoir été contaminé au Covid-19.

MÉDECINE - L'Allemagne a annoncé dimanche 24 janvier qu'elle avait commandé 200.000 doses du traitement expérimental contre le Covid-19 dont avait pu bénéficier Donald Trump en octobre 2020. Des patients pourront en bénéficier dès la semaine prochaine.

Testé positif au Covid en octobre dernier, Donald Trump était ressorti plus en forme que jamais après des jours d'hospitalisation. C'était, du moins, l'image qu'il voulait donner. Son élixir : un traitement "miraculeux",  à base d'anticorps de synthèse, dont il était le premier au monde à bénéficier. Ce dimanche 24 janvier, le ministre de la Santé allemand, Jens Spahn, a annoncé que son pays allait devenir le premier de l'Union européenne à utiliser ce traitement expérimental contre le Covid-19. "Le gouvernement a acheté 200.000 doses pour 400 millions d'euros", a-t-il fait savoir.

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Deux déclinaisons de ce traitement à base d'anticorps "monoclonaux", approuvées en novembre aux États-Unis mais pas encore par les autorités européennes de régulation, seront utilisées dans des hôpitaux universitaires dès la semaine prochaine. Les malades recevront gratuitement cette thérapie, a précisé à l'AFP une porte-parole du ministère de la Santé. Selon la porte-parole du ministère, l'autorité allemande de régulation des médicaments, l'institut fédéral Paul-Ehrlich, a estimé que l'utilisation de cette thérapie était "en principe" autorisée au cas par cas si les médecins la jugeaient appropriée pour prévenir "une maladie grave ou des hospitalisations parmi certains groupes à risque".

Un traitement qui fonctionne "comme une vaccination passive"

L'Allemagne s'est approvisionnée auprès de deux compagnies américaines, Regeneron pour son Casirivimab/Imdevimab et Eli Lilly pour son Bamlanivimab, a précisé la porte-parole. Les deux versions fonctionnent de manière similaire, mais la version de Regeneron combine deux anticorps de synthèse et celle d'Eli Lilly n'en utilise qu'un. Ces anticorps imitent le fonctionnement du système immunitaire après la contamination par le Covid en allant bloquer la pointe du virus qui lui permet de s'attacher aux cellules humaines et de les pénétrer. Ces anticorps de synthèse "fonctionnent comme une vaccination passive", a expliqué le ministre de la Santé allemand. "Administrer ces anticorps durant les phases initiales de l'infection peut aider des malades à haut risque à éviter une évolution plus grave".

Donald Trump, lui, avait bénéficié d'une forte dose de Regeneron (8 grammes), avant même qu'il soit autorisé fin novembre par l'Agence américaine des médicaments (FDA), pendant trois jours. En sus, il avait reçu du remdesivir, d'ordinaire recommandé pour les patients ayant besoin d'oxygénation, et de dexaméthasone, utilisée pour stopper l'inflammation générale provoquée par le virus. Selon le docteur de l'ex-président américain, Sean Conley, celui-ci aurait également pris d'autres médicaments comme du zinc, de la vitamine D, de la mélatonine (contre les insomnies) ou de l’aspirine. 

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L'utilisation de ce traitement couplée à des mesures de prévention draconiennes

En parallèle de l'autorisation de ce traitement, le pays s'est doté de mesures draconiennes qui seront encore durcies à partir de la semaine prochaine. Restaurants, cafés, enceintes sportives et culturelles, fermés depuis deux mois et demi, vont le rester jusqu'au 14 février au moins. Les écoles et commerces non essentiels, fermés depuis le 20 décembre, sont également concernés. 

Berlin rend également obligatoire le port de masques médicaux, FFP2 ou chirurgicaux, dans les commerces et tous les transports en commun. Le télétravail s'imposera désormais partout où cela est possible et ce au moins jusqu'au 15 mars. Pays le plus peuplé de l'UE, l'Allemagne a franchi vendredi la barre des 50.000 décès liés au Covid-19 avec plus de 2,1 millions de cas depuis le début de la pandémie.

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