Covid-19 : nouveau record de contaminations au Brésil

Des médecins emmènent un patients dans l'aile spéciale dédiée au Covid-19 à Belem, au Brésil.

PANDEMIE - Au Brésil, deuxième pays le plus touché par le virus, la gestion de la crise sanitaire fait débat. Le ministre de la santé vient de démissionner face au retard pris par la campagne de vaccination.

État d'urgence au Brésil, où les indicateurs épidémiques sont au rouge. Mercredi, 90.303 nouveaux cas de Covid-19 étaient détectés en 24 heures. Autre, triste, record : le nombre de décès en moyenne glissante sur sept jours atteignait 2.017 morts, le bilan le plus élevé depuis l'apparition du virus.  Des chiffres qui se reflètent dans les hôpitaux à travers le pays, surchargés. Au moins 80% des lits en soins intensifs sont occupés dans 24 des 27 États que compte le Brésil. 

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Face à une gestion de la crise sanitaire jugée "chaotique" par de nombreux Brésiliens, le ministre de la Santé Eduardo Pazuello a été contraint de démissionner en début de semaine. Il lui est notamment reproché les retards pris par la campagne de vaccination. Moins de 5% de la population avait reçu une première dose de vaccin mercredi. Son remplaçant, Marcelo Queiroga, sera le troisième à assurer la fonction depuis l'élection du président Jair Bolsonaro en 2018.

Lors d'une conférence de presse mercredi, Marcelo Queiroga, a assuré son intention de procéder à "des ajustements" dans la stratégie de lutte contre le coronavirus. Une des priorités de ce cardiologue de profession sera de "réduire le nombre de décès avec des politiques de distanciation sociale et en augmentant la capacité de nos hôpitaux". Des propos qui vont à l'encontre du discours du président, allergique aux mesures de confinement depuis le début de la crise. 

Face à l'emballement du virus, le président a, bon gré mal gré, dû revoir son discours, note la presse brésilienne. Autrefois un sérum qui "transforme les gens en crocodile" selon une déclaration d'il y a quelques mois, le chef de l'Etat mise sur l'accélération de la campagne de vaccination. Des commandes massives de doses ont été passées par l'exécutif. Depuis quelques jours, le mot d'ordre "Nossa arma é a vacina" ("Notre arme c'est le vaccin", en portugais) est répété jusqu'aux fils du président.

Finis les bains de foule sans masque. Autre changement de posture, Jair Bolsonaro ne parle plus de "petite grippe" au sujet du virus contrairement à l'année dernière. Depuis, les morts se sont accumulés. Le Brésil est le second pays le plus endeuillé par la pandémie après les États-Unis. Sur 210 millions d'habitants, 284 775 sont décédés des suites d'une infection au nouveau coronavirus. Un vingtième de la population a été testée positive au moins une fois au virus.  Et dans certaines régions, comme la ville de Manaus, les indicateurs ont explosé. Un sondage publié mercredi atteste que 43% des Brésiliens jugent le président "principal responsable" de cette aggravation.

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Mais ce revirement du président semble moins une prise de conscience qu'une pression politique, comme le notent les observateurs brésiliens. Le retour en politique de Lula, avec qui se profile un duel pour la présidentielle de 2022, n'y serait pas pour rien. L'ancien président travailliste s'est fait vacciner il y a quelques jours devant les caméras et, d'emblée, a attaqué la gestion "imbécile" de la crise sanitaire par le président en poste. Un désaveu partagé à 61% par les Brésiliens, d'après un sondage récent.

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