Covid 19 : pourquoi l'Indonésie choisit de vacciner en priorité les jeunes

AFP PHOTO /INDONESIAN PRESIDENTIAL PALACE

PARTI-PRIS - Si la plupart des pays ont décidé de vacciner en priorité les personnes âgées, les personnes à risque avec comorbidités et le personnel de santé, ce n'est pas le cas de l'Indonésie qui choisit de prioriser les personnes âgées de 18 à 59 ans, dès janvier.

En matière de stratégie vaccinale, l'archipel d'Asie du Sud-Est fait figure d'exception. À rebours de tous les pays ayant d'ores et déjà amorcé ou annoncé leurs campagnes de vaccination, l'Indonésie a choisi de prioriser non pas les personnes âgées, les personnes à risque avec comorbidités et le personnel de santé, mais les personnes dont l'âge est compris entre 18 à 59 ans dès janvier.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Derrière cette stratégie ? La quête de l’immunité de groupe d'une part. "Une fois que la population la plus active et la plus exposée aux échanges sera immunisée, elle formera une barrière qui protégera les autres groupes", a ainsi expliqué Amin Soebandrio, directeur du Eijkman Institute for Molecular Biology à Jakarta cité par Futura Sciences, estimant que "compte-tenu du nombre restreint de doses disponibles, il est moins efficace de vacciner les personnes âgées qui circulent peu". 

À noter qu'en Indonésie,  les moins de 65 ans représentent 92,2% des habitants, contre 79,5% pour la France. Selon les estimations du gouvernement, 246 millions de doses de vaccin sont ainsi nécessaires pour vacciner 67% de la population cible. 

"Cela peut être une bonne décision"

"Depuis le début, les essais cliniques du vaccin chinois réalisés à Bandung, ce choix était déjà là, de se concentrer sur ce groupe d’âge qui correspond aux personnes en âge de procréer", abonde pour RFI  l’épidémiologiste Dicky Budiman, qui ne se dit pas étonné de l'annonce président indonésien Joko Widodo. "D’abord, sans doute, car le gouvernement veut être sûr que ces personnes qui ont l’âge d’être parents soient à l’abri du virus, et puissent participer à la relance économique du pays, aux activités sociales", détaille-t-il d'une part. Et de poursuivre  : "Aussi car ce groupe était sans doute le choix de la sécurité, avec un risque minimum d’avoir des effets secondaires ou les plus sérieuses complications (...) les données montrent que la plupart des cas asymptomatiques se situent dans ce groupe. Donc cela peut être une bonne décision de leur donner la priorité sur le vaccin pour contrôler la pandémie".

À ces arguments vient s'en ajouter un dernier selon lequel le vaccin est susceptible de moins bien fonctionner chez les personnes âgées. Le vaccin sera gratuit, a par ailleurs promis le président indonésien.

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