Covid-19 : que nous disent les données venues d'Israël sur l'efficacité de la vaccination ?

Covid-19 : que nous disent les données venues d'Israël sur l'efficacité de la vaccination ?

IMMUNITÉ - En Israël, championne de la vaccination dans le monde, les chiffres des hospitalisations et des contaminations sont scrutés. Quelles leçons peut-on en tirer ? Nous avons passé ces données au crible.

C'est évidemment un pays où chaque évolution, chaque indicateur et chaque courbe sont suivis de près. Véritable laboratoire à grande échelle, Israël a dorénavant vacciné un cinquième de sa population : 1,8 million de personnes ont reçu deux doses, d'après les dernières données consultées mercredi 3 février. L'occasion pour certains de tirer des conclusions... parfois hâtives ? Si les premières courbes des hospitalisations laissent penser à une réelle efficacité sur les formes les plus graves, les observations sur un quelconque impact les contaminations restent quant à elles prématurées. 

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L'info passée au crible

Les Vérificateurs, une équipe de fact-checking commune aux rédactions de TF1, LCI et LCI.fr

De premiers effets sur les hospitalisations

Les premières doses du vaccin Pfizer-BioNtech ont été administrées dès le 20 décembre dans l'État hébreu. En priorité, les personnes âgées, les professionnels de santé et les autres groupes à risque, dans l'espoir d'atteindre un taux d'efficacité de 95% de réduction des formes graves. Un espoir qui commence à prendre forme. Auprès de TF1/LCI, une source au ministère israélien de la Santé se félicitait vendredi 29 janvier que sur les 716.000 personnes vaccinées depuis plus de 15 jours, seules 317 étaient tombées malades. Soit 0,04%. Beaucoup mieux que les 95% annoncés par le laboratoire Pfizer-BioNtech. Depuis le 17 janvier, les hospitalisations chutent radicalement, si on en croit les données compilées par Our World in Data

Seulement, les détracteurs d'une vaccination pourraient reprocher à cette bonne nouvelle de ne pas être uniquement liée à la vaccination. Mais d'être le fruit du confinement, imposé depuis le 27 décembre à la population. Les comparaisons entre les tranches d'âge disent le contraire, comme le montrent les graphiques ci-dessus. Diffusés par Eran Segal, scientifique de l'Institut Weizmann des Sciences, on observe une diminution claire (30%) des hospitalisations sur les deux dernières semaines pour les plus de 60 ans. Une trajectoire radicalement divergente à celle des 40-60 ans, hospitalisés de manière stable et assez haute. De tels écarts "n'avaient pas été constatés lors des confinements précédents", a précisé le chercheur. Or, 80% des plus de 60 ans ont déjà reçu les deux doses et sont donc vaccinés. Contre seulement 30% la tranche d'âge plus jeune. 

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Pas de conclusion sur les contaminations

De premiers résultats qui poussent à l'optimiste. Mais qu'en est-il des contaminations? Les chiffres sont surveillés de près par les chercheurs qui espèrent qu'une immunité protège aussi de la propagation du Covid-19. Le mois dernier, les résultats de premières études communiquées par deux caisses d'assurance santé d'Israël allaient dans ce sens. Comme nous l'évoquions dans ce premier article, publié deux semaines après le début de la campagne, elles font état d'une baisse de la contamination comprise entre 30% et de 50%. Sauf que pour l'une comme pour l'autre, il faut rester vigilants. Tout d'abord, ces données proviennent pour le moment uniquement de communiqués de presse et non pas d'études scientifiques. On n'est donc pas ici face à un essai thérapeutique, pour lequel il y aurait un groupe témoin dans lequel le dépistage serait systématique par rapport à un autre groupe étudié. Il s'agit uniquement des remontées des assurés. 

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VIDÉO - Comment Israël est devenu le champion du monde de la vaccination ?

Il y aurait donc un premier biais d'interprétation. Avec un produit qui fait baisser les symptômes à partir de deux semaines, les personnes inoculées ont forcément moins de raisons de se faire tester. Pour y voir plus clair, il faudrait plutôt disposer du taux de positivité des tests dans chaque groupe et pas du seul nombre de cas. Des données qui ne sont toujours pas connues. Le 30 janvier dernier, Michael Edelstein, professeur à l'université de Bar-Ilan, à Tel Aviv, regrettait ainsi le "manque de transparence" dans ces chiffres communiqués par les mutuelles, en charge de la campagne de vaccination. S'il y a une baisse observable des hospitalisations, celle des contaminations pourraient donc simplement être liées à une diminution des cas symptomatiques, qui ne se font pas dépister et ne sont donc pas répertoriés, ni par les autorités sanitaires ni par les assurances. 

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