(Re)confinement : que font nos voisins européens ?

(Re)confinement : que font nos voisins européens ?

NOUVELLE VAGUE - Face à une pandémie qui n'en finit pas, les pays européens réagissent chacun avec des approches différentes. Le rythme des contaminations et la crise sociale dictent des agendas parfois contradictoires.

La France se prépare à un nouveau confinement partiel, dans plusieurs régions du pays. Dans le même temps, plusieurs de nos voisins européens sont, eux aussi, confrontés à une flambée de l'épidémie - ou redoutent de l'être bientôt. Si l'Allemagne freine sa levée des restrictions, l'Italie se referme à nouveau, le Portugal "déconfine" très prudemment et l'Espagne est presque contrainte à rester partiellement ouverte.

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En Allemagne, la sortie hésitante du confinement

C'est Angela Merkel qui, la première en Europe, a parlé de "troisième vague", dès février dernier. Après sept semaines d'un confinement strict, les enfants allaient reprendre progressivement le chemin de l'école. Mais l'agenda du "déconfinement" s'est trouvé bouleversé par une soudaine augmentation des contaminations. Certes mineure, au regard des situations encore plus alarmantes comme celle de la France, mais nette et impossible à ignorer. Le taux d'incidence allemand sur sept jours est désormais de 82,9 depuis ce lundi, mais il ne cesse d'augmenter et pourrait atteindre 350 au début du mois d'avril, selon certaines projections.

Les médecins urgentistes et en soins intensifs pressent la chancelière d'en revenir immédiatement à un confinement, ce dont une réunion d'Angela Merkel avec les dirigeants des seize États-régions du pays pourrait décider dès le 22 mars. Pour l'heure, le pays suit un système complexe d'ouvertures ou fermetures d'urgence, en fonction de l'évolution du taux d'incidence. 

Le relâchement des restrictions annoncé est cependant relatif, puisque les bars, restaurants, lieux culturels et sportifs restent fermés, depuis quatre mois et demi. Les écoles et garderies peuvent désormais rouvrir, mais avec des classes en demi-groupes. L'Allemagne a par ailleurs choisi de filtrer le passage de ses frontières, depuis le début du mois, en exigeant aux entrants un test négatif de moins de 48 heures, notamment depuis le voisin mosellan.

L'Italie repasse dans le rouge

L'Italie commémore le 18 mars les victimes de l'épidémie qui y a fait plus de 100.000 morts, avec les drapeaux en berne sur les bâtiments publics et le recueillement du chef du gouvernement Mario Draghi à Bergame, la ville martyre du nord du pays. Un an après le début du premier confinement, le 9 mars 2020, la majeure partie de la Botte y est à nouveau contrainte, après plusieurs semaines de réouverture partielle qui avait fait respirer le pays

48 millions d'Italiens, dans onze régions du pays, sont astreints à un confinement strict depuis lundi. Écoles, bars, restaurants et commerces "non-essentiels" sont à nouveau fermés, après une courte parenthèse. Ce régime est programmé au moins jusqu'au 6 avril, le gouvernement espérant de meilleurs chiffres dans "la seconde moitié du printemps", selon le ministre de la Santé Roberto Speranza. Seule lumière au bout du tunnel : la vaccination, sur laquelle misent les autorités pour sortir de ce nouvel épisode. "Chaque dose de vaccin injectée est un pas en direction de la sortie de crise", martèle ainsi le ministre. 

L'Espagne n'a plus les moyens de se confiner

Depuis la fin du mois de février, l'Espagne desserre progressivement la vis. Terrasses rouvertes dans de nombreuses régions, couvre-feux repoussés en soirée et règles sociales assouplies. Avec des contaminations et une mortalité nettement en baisse, le pays respire enfin, après un des confinements les plus sévères au monde, au printemps 2020.

L'Espagne redoute cependant les fêtes de la semaine sainte : traditionnellement très suivies, elles devraient être limitées cette année. Les autorités redoutent les mouvements de population qu'elles occasionnent, non seulement les parades de rue qui réunissent parfois des centaines de milliers de personnes, mais aussi les regroupements familiaux typiques de la saison.

L'autre inquiétude espagnole concerne la crise sociale. Économie de services, l'Espagne souffre terriblement de la quasi- absence de touristes. Et face à une éventuelle "troisième vague", il est possible que le pays n'ait tout simplement pas les moyens d'un nouveau confinement, comme le suggère le reportage de TF1 ci-dessous. Si l'on trinque joyeusement en terrasse, on n'ignore pas que la marge de manœuvre est désormais très mince.

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Covid-19 : l'Espagne n'a plus les moyens de reconfiner

Portugal : le bout du tunnel ?

À l'inverse de la plupart des pays européens, le Portugal entame un processus de "déconfinement" : crèches, écoles primaires et certains commerces non-essentiels rouvrent depuis lundi, première étape d'un plan prudent et très étale. La réouverture "doit être progressive, prudente et au compte-gouttes", avait d'ailleurs prévenu le Premier ministre Antonio Costa en présentant son  dispositif la semaine dernière.

Ainsi les collèges, les terrasses des cafés et des restaurants, les monuments et les musées rouvriront la semaine prochaine, tandis que les lycées, les universités, les théâtres et les salles de restaurant, devront attendre la mi-avril. Horizon plus lointain, les grands évènements ne seront envisagés qu'en mai, et sous conditions.

Le Portugal sort de deux mois d'un confinement généralisé et très strict, qui faisait suite à une flambée épidémique, après un net relâchement lors des fêtes de fin d'année. En janvier, le pays était même le plus gravement touché au monde par rapport à sa population. Les mesures se sont rapidement révélées efficaces face à ce qu'on appelait alors la "deuxième vague". Rien ne garantit cependant que le pays échappera pour autant à une "troisième", alors qu'à peine 3% de la population portugaise a été vaccinée jusqu'ici. C'est sans doute pourquoi le gouvernement a prévu une réévaluation tous les quinze jours, et que l'état d'urgence a été prolongé jusqu'au 31 mars.

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On le voit, la contradiction entre le rythme de l'épidémie et la nécessaire reprise de l'économie génère des réactions variées dans plusieurs grands pays européens. Aucun n'est cependant complètement ouvert ni complètement fermé et la vaccination est pour tous le seul chemin de salut.

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