Après la flambée due au variant, les contaminations baissent au Royaume-Uni : quels enseignements en tirer ?

Après la flambée due au variant, les contaminations baissent au Royaume-Uni : quels enseignements en tirer ?

CRISE SANITAIRE - Submergé par une vague de contaminations liées au variant britannique, le Royaume-Uni semble enfin apercevoir une accalmie. Alors que cette mutation menace d’être majoritaire en France dans les prochaines semaines, que faut-il en conclure ?

Après le chaos, l’espoir d’un retour à la normale ? Mardi, le Royaume-Uni est devenu le premier pays européen à franchir le cap des 100.000 décès liés au Covid-19. En cause, notamment, le variant britannique, plus contagieux et plus mortel, selon le Premier ministre Boris Johnson. Mais depuis quelques jours, les nouvelles contaminations diminuent. Début janvier, le pays recensait chaque jour plus de 60.000 cas. Mardi, 20.089 tests positifs ont été enregistrés.

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Une baisse "évidemment" provoquée par le confinement, estime Philippe Amouyel, professeur de santé publique. "Certes, le variant britannique est plus contagieux, mais les mécanismes pour le stopper sont les mêmes" que pour la souche initiale, "donc le confinement", indique-t-il à LCI.

Pour Corinne Gonet, médecin urgentiste en France et au Royal London Hospital, au cœur de la capitale anglaise, "à partir de la deuxième semaine de ce confinement, tout est devenu plus drastique, tandis que les arrivées depuis les trains ou les avions sont désormais beaucoup plus contrôlées", explique-t-elle à LCI. "Si vous êtes cas contact ou que vous revenez d’un autre pays, vous recevez chaque jour un coup de téléphone pour vérifier que vous êtes bien chez vous. Avant, c’était plutôt un ou deux appels dans la semaine."

Une vaccination massive qui produit déjà des effets ?

En outre, le Royaume-Uni est le pays d’Europe qui a démarré le plus tôt sa campagne de vaccination, dès le 8 décembre. Un mois et demi plus tard, plus de sept millions de doses ont déjà été injectées aux Britanniques, selon Our World in data, soit plus de 10% de la population. "Quasiment un million de personnes y ont déjà reçu la deuxième dose", qui confère une protection maximale, précise Corinne Gonet.

La baisse des contaminations pourrait-elle aussi être due à cette vaccination massive ? "Il est très difficile d’établir une relation de causalité entre la vaccination et la baisse des contaminations", répond Philippe Amouyel. "Pour le déterminer, il faudrait idéalement comparer avec un autre pays qui subit la même épidémie, avec le même variant. Mais nous ne sommes pas dans cette situation. Toutefois, même si la vaccination est massive, elle permet avant tout de réduire la probabilité d’aller en réanimation pour les patients les plus susceptibles de faire des formes graves", tempère l’épidémiologiste.

La France doit-elle prendre exemple ?

Si la tendance est à la baisse outre-Manche, la France demeure sur un plateau élevé de contaminations, tandis que le variant britannique pourrait devenir la souche majoritaire dans les prochaines semaines, selon plusieurs scientifiques. Alors quels enseignements faut-il tirer de la situation anglaise ? "Il faut agir plus vite qu’eux", estime Philippe Amouyel. "Le couvre-feu à 18h n’a pas l’effet attendu, même le porte-parole du gouvernement le dit, et les deux précédents indicateurs de sortie du dernier confinement sont revenus dans le rouge", à savoir le nombre de cas quotidiens (plus de 20.000 en moyenne contre 5000 espérés), ainsi que le nombre de personnes admises en réanimation (plus de 3000 depuis le début de la semaine, au-dessus de l’objectif).

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En ce sens, "peut-être faudrait-il réenvisager un confinement économiquement compatible, en gardant les écoles et les commerces ouverts", plaide le professeur de santé publique. "Ensuite, même si ce n’est pas directement lié au variant, il faut prendre exemple sur les Anglais qui ont vacciné de manière extrêmement rapide."

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