Covid-19 : pourquoi les États-Unis vont-ils vacciner les enfants dès 5 ans ?

Covid-19 : pourquoi les États-Unis vont-ils vacciner les enfants dès 5 ans ?

STARTING-BLOCK - Dans les pas d'Israël, les États-Unis se tiennent prêts à vacciner, dès l'obtention du feu vert des autorités sanitaires, les enfants de 5 à 11 ans. Alors que beaucoup de pays se montrent encore réticents à vacciner une si jeune population, quelles sont les motivations du gouvernement américain ?

Dès le mois prochain, 28 millions d'enfants américains âgés de 5 à 11 ans pourront se faire vacciner contre le Covid-19. Sur le départ de cette nouvelle phase de la campagne de vaccination, les États-Unis n'attendent plus que le feu vert des autorités sanitaires. "Nous serons prêts à commencer les injections dans les jours qui suivront une recommandation finale", a écrit la Maison Blanche dans un communiqué. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Les États-Unis deviendraient alors le deuxième pays, après Israël, à autoriser la vaccination de cette tranche d'âge. Quelles raisons motivent ce choix, alors qu'en France, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer assurait encore en août que "la vaccination des enfants de moins de douze ans n'est pas d'actualité" ?

Les tests positifs chez les enfants multipliés par 1,5 depuis le début de la pandémie

Depuis le début de la pandémie, près de 6,2 millions d'enfants ont été testés positifs au Covid-19 aux États-Unis. Du 4 au 10 octobre, 131.000 cas pédiatriques étaient encore comptabilisés. Un nombre "extrêmement élevé" malgré une baisse du nombre de cas enregistrée pour la sixième semaine consécutive, s'alarme dans son dernier bilan l'Académie américaine de pédiatrie.

Les chiffres montrent que le nombre de cas concernant des mineurs aux États-Unis a été multiplié par 1,5 depuis le début de la pandémie. Alors qu'ils représentaient dans les premiers mois de 2020 16,4% du total des cas cumulés, les enfants représentaient 25,5% des cas hebdomadaires de Covid-19 signalés lors de la semaine se terminant le 14 octobre, soit un taux d'incidence de 8,2.

Les impacts à long terme de la pandémie sur les enfants redoutés

Les hospitalisations, néanmoins, restent très rares chez les enfants. Parmi les États opérant un décompte, les admissions pédiatriques en raison du Covid-19 représentaient de 0,1% à 2,0% des cas. Les décès d'enfants, eux, ne représentaient que 0 à 0,25% de toutes les morts liées au Covid-19.

"À l'heure actuelle, il semble que les maladies graves dues au Covid-19 soient rares chez les enfants", commente l'Académie américaine de médecine. "Cependant, il est urgent de collecter davantage de données sur les impacts à long terme de la pandémie sur les enfants, y compris les façons dont le virus peut nuire à la santé physique à long terme des enfants infectés, ainsi que ses effets sur la santé émotionnelle et mentale", ajoute-t-elle.

Selon une étude récente parue dans la revue Pediatrics, 140.000 enfants américains ont perdu un parent à cause du Covid-19. Alertés par ces chiffres, les chercheurs craignent notamment, au-delà des dégâts psychologiques importants causés par ces décès, une aggravation des inégalités, alors que "les enfants non blancs constituent 65% des orphelins de la pandémie".

Aux États-Unis, l'idée de vacciner les enfants de 5 à 11 ans tient donc plus à l'idée de venir à bout au plus vite de la pandémie, plutôt que de les protéger contre d'éventuelles formes graves.

Selon un sondage de la Kaiser Family Foundation fin septembre, parmi les parents ayant un enfant entre 5 et 11 ans, environ un tiers déclarait qu'il le vaccinerait dès que possible. Un autre tiers disait qu'il attendrait avant de prendre une décision, et un quart qu'il ne le ferait pas vacciner.

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L'alliance Pfizer-BioNTech avait déposé une demande d'autorisation en urgence de son vaccin pour les enfants de 5 à 11 ans début octobre. Cette demande s'appuie sur des essais cliniques sur plus de 2000 enfants de 5 à 11 ans. Les entreprises ont indiqué que le vaccin était bien toléré et déclenchait une réponse immunitaire "robuste", "comparable" à celle observée chez les 16 à 25 ans. Le dosage a été adapté à 10 microgrammes par injection, contre 30 microgrammes pour les groupes plus âgés.

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