Crash d'un Boeing en Iran : les Etats-Unis n'excluent pas une erreur de missile

Crash d'un Boeing en Iran : les Etats-Unis n'excluent pas une erreur de missile
International

ACCIDENT - Le Boeing 737 d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi 8 janvier à Téhéran est la pire catastrophe aérienne de l'aviation civile en Iran. Le pays parle d'un "problème technique" mais selon les autorités ukrainiennes, 7 thèses sont à l'étude y compris un missile. Donald Trump a lui aussi fait part de ses "doutes".

L’enquête progresse vite, au lendemain du drame qui a coûté la vie au 176 passagers du vol Téhéran – Kiev. L'Organisation de l'aviation civile iranienne (CAO) a fait savoir ce jeudi que le Boeing 737 d'Ukraine International Airlines avait fait demi-tour après un "problème".

"L'avion a disparu des écrans radars au moment même où il atteignait une altitude 8.000 pieds [environ 2.400 mètres]. Le pilote n'a transmis aucun message radio concernant des circonstances inhabituelles", a précisé la CAO dans son premier rapport d'enquête préliminaire publié sur son site internet dans la nuit de mercredi à jeudi. "Selon des témoins oculaires [...] un incendie a été observé dans l'avion et a gagné en intensité", indique le texte. "L'avion, qui se dirigeait initialement vers l'ouest pour sortir de la zone [aérienne] de l'aéroport, a tourné à droite à la suite du problème et était sur le chemin du retour à l'aéroport au moment du crash", dans lequel les 176 passagers et membres d'équipage ont péri, ajoute la CAO.

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Le Canada réclame une "enquête approfondie"

L'Organisation laisse entendre que parmi les témoins de l'incendie figurent des personnels au sol et d'autres à bord d'un appareil qui se serait trouvé au-dessus du Boeing au moment du début de drame. Le vol PS752 d'UIA avait décollé à 6h10 heure locale de l'aéroport Imam Khomeiny de Téhéran en direction de l'aéroport Boryspil de Kiev, disparaissant des radars deux minutes après. Il s'est écrasé peu après le décollage sur des terres agricoles à environ 45 km au nord-ouest de l'aéroport, selon des médias iraniens. Des images amateures diffusées par les médias d'Etat iraniens montrent l'avion en flammes perdre de l'altitude puis exploser à son impact au sol. 

Selon la diplomatie ukrainienne, se trouvaient à bord du Boeing 82 Iraniens, 63 Canadiens, dix Suédois, quatre Afghans et trois Britanniques. Onze autres étaient Ukrainiens, dont les neuf membres d'équipage. Au Canada, qui accueille une importante diaspora iranienne, une trentaine des victimes venaient de la région d'Edmonton (ouest). Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a réclamé une "enquête approfondie" sur cette catastrophe aérienne, la plus meurtrière impliquant des Canadiens depuis l'attentat contre un Boeing 747 d'Air India en 1985, dans lequel 268 Canadiens avaient trouvé la mort. "Les Canadiens ont des questions à poser, et ils méritent d'obtenir des réponses", a-t-il martelé lors d'une conférence de presse.

Selon UIA, qui a suspendu ses vols vers Téhéran, le Boeing 737, construit en 2016, avait subi il y a deux jours un contrôle technique. C'est le premier crash meurtrier de cette compagnie aérienne appartenant en partie au sulfureux oligarque Igor Kolomoïski, réputé proche du président Zelensky. Volodymyr Zelensky, qui a interrompu ses vacances à Oman en raison de la catastrophe, a ordonné l'ouverture d'une enquête, avant d'annoncer dans la soirée le départ pour Téhéran d'enquêteurs ukrainiens.

Le lieu exact du crash identifié

La publication de photos prises sur les lieux du crash ont permis de localiser avec précision le lieu où l'avion s'est écrasé. Situé sur des terres agricoles au sud-ouest de Téhéran, il est à environ 25 kilomètres à vol d'oiseau de l'aéroport, soit à peine quelques minutes de vol pour un avion tel que celui-ci.  

Deuil national en Ukraine, sept pistes à l'étude, y compris le missile

En Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a décrété un deuil national  pour la journée de jeudi.     "La priorité pour l'Ukraine est d'établir les causes de cette catastrophe",  alors que 45 experts ukrainiens sont à Téhéran pour participer à l'enquête.

Serguiï Danylov, secrétaire du Conseil ukrainien de sécurité et de défense  a déclaré que Kiev étudiait sept thèses du crash parmi lesquelles celle d'un  tir de missile, d'un attentat ou d'un problème technique. Nous examinons minutieusement toutes les thèses, il y en a sept", a-t-i  dit à l'AFP. Pour l'instant, "aucune n'est prioritaire", selon lui.

Les "doutes" de Donald Trump

Les Etats-Unis ont, eux aussi, exprimé leurs doutes quant à l'origine du crash. "J'ai mes doutes", a déclaré Donald Trump depuis la Maison Blanche. "J'ai le  sentiment que quelque chose de terrible s'est passé (...) Quelqu'un a pu faire  un erreur (...) Je ne sais pas", a-t-il ajouté,laissant , lui aussi, entendre qu'un missile pourrait être à l'origine de ce crash. 

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