Crash de l'avion d'Air Algérie : comment va se dérouler l'enquête ?

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INVESTIGATIONS - La deuxième boîte noire a été retrouvée samedi, trois jours après le crash du vol AH5017 au Mali. Aucune des 118 personnes à bord n'a survécu. Metronews fait le point sur l'enquête qui devrait permettre de faire la lumière sur cette catastrophe.

Les raisons du crash sont encore inconnues. Mais l'enquête qui devrait permettre de reconstruire le scénario qui a conduit au crash du vol AH5017 a démarré dès le lendemain de la catastrophe qui a fait 118 morts . Si le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius précisait prudemment ce vendredi que toutes les hypothèses étaient étudiées pour expliquer ce crash, il rappelait cependant que "d'importants orages avaient été signalés dans la zone et que l'équipage avait dit son intention de se déporter pour des raisons météorologiques".

Voici 5 questions/réponses pour comprendre comment les enquêteurs vont procéder pour faire la lumière sur le crash.

1 ) Que sait-on de la zone du crash?
L'appareil s'est écrasé près de Gossi, à 160 km de Gao, la plus grande ville du nord du Mali. "Les débris de l'avion sont nombreux et concentrés sur une surface de 300 mètres sur 300 mètres", a précisé vendredi Laurent Fabius. Il s'agit d'une "zone de savane et de sable dont l'accès est très difficile en particulier en saison des pluies" mais ce n'est "pas un lieu de conflit immédiat avec des affrontements", a-t-il précisé.  

>> Les premières photos de l'épave du MD-83 <<

Elle reste cependant "dangereuse", selon le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian. Cette région désertique peuplée par des touaregs peu armés connaît en effet des actions violentes de la part de mouvements djihadistes et indépendantistes. 

2 ) Pourquoi des militaires sont-ils déployés sur le site?
Dès l'annonce de la perte de contact avec le vol AH5017, dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces françaises déjà présente dans a région ont été mobilisées et ont pu localiser l'épave vendredi à 2 heures du matin. Une trentaine de soldats ont ensuite été hélitreuillés sur le site où étaient déjà présents des enquêteurs burkinabés.

Au total, 220 soldats étaient en route vendredi pour sécuriser la zone. Il s'agit de 180 militaires de la force Barkhane - 120 Français et 60 Maliens - ainsi que de 40 Néerlandais de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma). Leur mission : sécuriser le site de l'accident pour ne pas risquer que des indices soient dégradés.

3 ) Qui participe à l'enquête ?
C'est au pays dans lequel se produit l'accident de prendre en charge l'enquête, selon la réglementation internationale de l'aviation civile. Le Mali - où l'avion s'est écrasé - dirigera donc l'enquête. Mais à la demande des autorités maliennes, Paris et Bamako vont travailler "en étroite coopération" pour élucider les circonstances de l'accident.

En outre, des inspecteurs des pays dont de nombreux ressortissants font partie des victimes sont mobilisés. "L'enquête sera conduite en concertation étroite avec les autorités maliennes, burkinabées, algériennes et espagnoles", a indiqué vendredi Laurent Fabius. 

Les États-Unis, pays du constructeur de l'avion, sont également associés. Enfin, le Liban, le Burkina, le Canada, le Chili, le Luxembourg et la Roumanie - qui avaient tous un ressortissant dans l'avion - ont exprimé leur volonté d'assister à l'enquête.

>> Crash du vol AH5017 : tous les évènements de la journée de vendredi <<

En parallèle, une équipe du Bureau enquêtes et analyses (BEA), dépendant du ministère français des Transports, ainsi que des légistes de l'institut de recherche de la gendarmerie nationale devaient s'envoler vendredi pour Bamako, au Mali, afin de rejoindre samedi tôt dans la matinée les lieux de la catastrophe.

4) Combien de temps prendront les investigations?
L'enquête de sécurité se déroulera en trois étapes, a précisé vendredi le secrétaire d'Etat aux Transports Frédéric Cuvillier.

--> 1- Le recueil et la préservation des données, qui dure quelques jours. Il s'agit de prélever les indices, y compris les enregistreurs de vol, autrement dit les boîtes noires. L'une a été retrouvée vendredi et l'autre samedi.
--> 2 - L'examen des données qui consiste notamment à procéder à la lecture technique de ces boîtes noires. Cette étape peut être rapide dans le meilleur des cas ou très longue si leur état de conservation est très mauvais.
--> 3 - Enfin l'analyse et les conclusions. Cette dernière phase doit permettre de restituer le scénario le plus précis possible qui a pu conduire au crash.

>> Les deux boîtes noires retrouvées : pourquoi c'est essentiel? <<

5) Comment procéder à l'identification des corps?
Quinze gendarmes affectés à la recherche et l'identification des victimes s'apprêtaient à partir vendredi soir pour le Mali, selon France Info .  Ils travaillent au sein de l'unité d'identification des victimes de catastrophe de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). 

Concrètement, les experts vont prélever les empreintes digitales ou dentaires et il sera demandé aux familles de fournir des éléments contenant l'ADN de leurs proches qui étaient à bord de l'avion, explique sur BFM TV, le Colonel Patrick Touron de l'Unité d'identification des victimes. Une simple brosse à dents par exemple peut suffire à faire la comparaison génétique. Il sera cependant très difficile de récupérer les corps car l'avion a été complètement désintégré en s'écrasant au sol.

>>  Ce que l'on sait des 54 victimes françaises  <<

"Une première identification doit avoir lieu sur place, avant un rapatriement en France et dans les pays concernés", précise Laurent Fabius en insistant sur le fait que "dans ces circonstances dramatiques, tout doit être fait pour que les dépouilles puissent être rendues le plus rapidement possible à leurs proches." En mémoire aux 118 victimes, l'Algérie et le Burkina Faso ont décrété le deuil national. 

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