Crash en Egypte : ce que changerait la thèse terroriste pour la Russie

Crash en Egypte : ce que changerait la thèse terroriste pour la Russie

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TERRORISME - Alors que le rôle de Vladimir Poutine dans la lutte contre Daech en Syrie a été jusque là jugé plutôt aléatoire, l'épaisseur prise par l'hypothèse terroriste dans l'affaire de l'accident aérien soulève de nouvelles interrogations sur les prochaines opérations militaires du Kremlin.

Une semaine après le crash de l'A321 russe dans la péninsule du Sinaï, le Kremlin se refuse à considérer la thèse de l'attentat plausible, alors que la branche égyptienne de Daech revendiquait l'accident aérien quelques heures après la catastrophe, affirmant avoir agit en représaille des bombardements russes en Syrie. "Les djihadistes de l'Etat islamique dans le Sinaï, ce sont des assassins, mais pas des menteurs", affirmait François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l'IRIS dans les colonnes de l'Obs . "Ils n'auraient aucun intérêt à revendiquer quelque chose qu'ils n'ont pas fait."

L'expertise des boites noires et les conclusions des spécialistes se rejoignent pour confirmer que l'avion se serait disloqué en vol à la suite d'une explosion qui ne serait pas liée à une défaillance technique. En outre, ou l'appareil aurait été saboté avant le décollage, ou des explosifs auraient été cachés dans un bagage. Si la thèse terroriste se confirmait, la Russie, qui s'érige en puissance invincible depuis plusieurs années, devrait admettre avoir été, à son tour, victime de Daech. Et cela n'irait pas sans soulever quelques questions sur son implication militaire en Syrie.

L'ambigüité russe en Syrie

Le 28 septembre dernier, Barack Obama recevait son homologue russe au siège des Nations Unies à New York pour évoquer le conflit syrien. Après une brève poignée de main, les deux présidents que tout oppose s'étaient entretenus pendant une heure et demi sur un éventuel dispositif de frappes en Syrie, afin que leurs avions respectifs ne se touchent pas.

Mais alors que les Etats-Unis menaient déjà la coalition internationale contre Daech depuis plusieurs mois, Vladimir Poutine lui, était largement critiqué pour n'apporter sa contribution militaire en Syrie que dans le but de servir les intérêts de Bachar al-Assad en bombardant les opposants au régime. Malgré plusieurs annonces officielles, le président russe a en effet été pointé du doigt à plusieurs reprises par la France et les Etats-Unis pour son rôle jugé aléatoire dans la lutte contre Daech.

Après un attentat, un nouveau rôle pour la Russie ?

Mais si les enquêteurs internationaux devaient, à termer, authentifier la thèse terroriste, une série de questions pourraient alors se poser sur le rôle présumé de Poutine dans la lutte contre Daech : la Russie pourrait-elle désormais intensifier ses frappes contre Daech en Syrie ? Le Kremlin pourrait-il se rapprocher des Américains en rejoignant la coalition internationale maintenant qu'il a lui aussi été attaqué ? S'il reconnait l'implication de Daech dans cette attaque visant son pays, Vladimir Poutine pourrait-il déployer des armées au sol en Syrie ?

Récemment, le gouvernement russe indiquait que Bachar al-Assad pourrait envisager de nouvelles élections à la condition que le groupe terroriste soit évincé. Mais pour Vladimir Poutine, qui soutient le régime Assad, détruire l'organisation islamique reviendrait à conduire la dictature de son homologue syrien vers son dernier souffle. Un choix stratégique et politique se dresse donc devant le président russe.

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