Crash en Egypte : l'analyse des boîtes noires, point clé de l'enquête

Crash en Egypte : l'analyse des boîtes noires, point clé de l'enquête

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CATASTROPHE AERIENNE - L'analyse des boîtes noires retrouvées sur le site du crash du vol charter de la compagnie russe Metrojet devrait permettre d'expliquer la catastrophe qui a fait 224 morts. Metronews fait le point sur ces enregistreurs de vol et l’exploitation qui en sera faite par les autorités égyptiennes.

Que s'est-il passé samedi au-dessus du désert du Sinaï dans le charter de la compagnie russe Metrojet qui s'est écrasé en Egypte avec 224 personnes à bord ? Les débris de l'Airbus A321 ont été rapidement repérés. Parmi ceux-ci, les autorités égyptiennes ont pu récupérer les deux boîtes noires de l'appareil qui apparaissent exploitables et devraient permettre d’expliquer ce dramatique accident qui n'a pas fait de survivant.

Jusqu'à présent l'hypothèse accidentelle, comme criminelle, reste ouverte. Néanmoins, dès ce lundi, un responsable de la compagnie aérienne impliquée a expliqué, au cours d'une conférence de presse à Moscou, que Metrojet excluait "une défaillance technique ou une erreur de pilotage", faisant de l'"action extérieure", "la seule cause possible" du crash, sans plus de précisions.

Des affirmations que devraient confirmer ou infirmer l'analyse des deux enregistreurs de vol retrouvés sur le lieu de la catastrophe, à savoir l’enregistreur de paramètres de vol (Flight Data Recorder ou FDR) et l’enregistreur de conversations du cockpit (Cockpit Voice Recorder ou CVR). Outre les échanges entre pilotes au sein du cockpit, ce dernier enregistre également tous les sons et annonces entendus dans la cabine de pilotage.

L'Egypte, maître de l'enquête

De l’exploitation de cette source d'information dépend en très grande partie la connaissance précise des causes de l'accident. Ce travail délicat va être effectué au Caire, conformément aux règles internationales en vigueur qui prévoient que les investigations sur un crash soient réalisées dans le pays où l'accident s'est produit. "Il faut un savoir faire et un matériel très pointu non seulement pour exploiter ces données mais en plus, pour les recouper. Des moyens et des connaissances que les Egyptiens n'ont pas. Il faut espérer que les Russes ou la France puissent avoir accès à ces boîtes noires", s'inquiétait à ce propos, dimanche, l'expert aéronautique Gérard Feldzer interrogé par metronews. Les autorités égyptiennes ont toutefois d'ores et déjà précisé que l'analyse des enregistreurs serait réalisée par des enquêteurs égyptiens, mais aussi russes.

EN SAVOIR + >> La compagnie exclut toute "défaillance technique"

En outre, des experts de différents pays participent également aux investigations dans ce genre de situation. Pour le cas du crash du vol de la compagnie Metrojet, deux experts français du BEA (Bureau d'enquêtes et d'analyses) ont été envoyés sur place, ils sont accompagnés de six conseillers techniques du constructeur Airbus. Ces derniers doivent être rejoints par deux enquêteurs du BFU, l'équivalent allemand du BEA, représentant également l'avionneur européen. Cependant, comme le confirme le BEA à metronews, ces derniers sont à la disposition des autorités égyptiennes en charge de l'enquête qui, seules, peuvent leur demander leur concours pour l'exploitation des données des enregistreurs. Des données qui permettent d’expliquer en moyenne 90% des accidents d'avion.

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