Crise au Proche-Orient : pourquoi Joe Biden tarde à s'engager diplomatiquement

Crise au Proche-Orient : pourquoi Joe Biden tarde à s'engager diplomatiquement

GÉOPOLITIQUE - Le président américain a "d'autres priorités" que le conflit israélo-palestinien, notamment le dossier du nucléaire iranien, analyse le spécialiste du Moyen-Orient Georges Malbrunot.

Après avoir soutenu Israël, appelé à la désescalade et, finalement, accepté une nouvelle réunion, dimanche, du Conseil de sécurité de l'ONU, les États-Unis font face à des pressions internes et externes les poussant à s'engager davantage sur le plan diplomatique dans le dossier israélo-palestinien. 

À ce titre, alors que la nuit de vendredi à samedi à de nouveau été marquée par des frappes israéliennes sur Gaza et de nouvelles manifestations de colère en Cisjordanie, les États-Unis amorcent une tentative de médiation avec l'arrivée, samedi, d'un émissaire en charge des pourparlers. 

Le haut responsable du département d'État américain chargé des affaires israéliennes et palestiniennes, Hady Amr, doit rencontrer des dirigeants israéliens à Jérusalem dimanche et se rendre en Cisjordanie occupée pour des entretiens avec des responsables palestiniens. L'objectif est d'encourager les deux parties pour parvenir à un "calme durable", a déclaré la porte-parole adjointe du département d'État, Jalina Porter. 

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Pas une priorité pour Washington

Pour autant, rien n'indique que l'initiative américaine débouchera dans l'immédiat sur une intervention plus active dans le conflit en cours. C'est en tout cas l'opinion de Georges Malbrunot, grand reporter au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient. Ce dernier, interrogé par LCI, juge en effet que le dossier est loin d'être une priorité, au plan international, pour Washington. 

Les objectifs principaux de la Maison-Blanche dans cette région sont les suivants, selon le journaliste : "l'accord sur le nucléaire iranien", "que l'Arabie saoudite reparle à l'Iran", ou encore la fin du conflit au Yémen. Des objectifs qui figurent bien plus haut dans les préoccupations américaines. 

Sans compter la difficulté, pour les États-Unis, de faire entendre leur voix dans le conflit qui fait rage depuis lundi, notamment à cause de "la radicalisation du personnel politique israélien, du manque de représentants politiques palestiniens", juge Georges Malbrunot, et parce que Washington "ne discute pas avec le Hamas, qu'il considère comme un mouvement terroriste". En somme, "Washington n'a pas beaucoup de leviers ni d'intérêt à se mêler d'un conflit qui leur échapperait." Enfin, "les États-Unis considèrent que leurs intérêts stratégiques ne sont pas menacés en Israël", souligne le spécialiste.

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