Venezuela : la France exige la libération des journalistes de "Quotidien"

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CRISE AU VENEZUELA - L'émission "Quotidien" a fait savoir ce mercredi que deux de ses journalistes avaient été arrêtés la veille au Venezuela. Trois personnes de l'agence espagnole Efe ont aussi été arrêtés, peu après l'expulsion de deux de leurs confrères chiliens.

La presse étrangère fait les frais de la crise politique au Venezuela. Deux journalistes de l'émission "Quotidien", sur TMC, ont été interpellés mardi alors qu'ils étaient en train de couvrir la crise politique actuellement en cours. Un sort identique a été réservé à des personnes de l'agence espagnole Efe, arrêtées mercredi alors qu'elles s’apprêtaient à couvrir les manifestations de l'opposition à Caracas.


"À l'heure actuelle, il est difficile d'en dire plus au risque d'aggraver leur situation", a déclaré Yann Barthès ce mercredi soir au moment de faire part de la nouvelle concernant les deux journalistes de "Quotidien". Des mots repris dans un tweet publié dans la soirée sur le compte du programme.  Selon le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP), les deux reporters auraient été interpellés à Caracas, alors qu'ils filmaient les abords du palais présidentiel de Miraflores, là même où ils seraient détenus. 

La France a exigé  jeudi la libération des deux journalistes français : "Nous exigeons leur libération et mettons tout en œuvre pour l'obtenir dans les plus brefs délais", a déclaré la porte-parole du Quai d'Orsay, Agnès von der Mühll, lors d'un point de presse électronique.


Les journalistes français ne sont pas les seuls dans le collimateur du pouvoir vénézuélien. La directrice du bureau de l'agence de presse espagnole EFE à Caracas, Nélida Fernández, a annoncé mercredi soir que deux de ses collègues avaient été arrêtés: une vidéaste colombienne, Mauren Barriga, et un journaliste espagnol Gonzalo Domínguez. Un photographe colombien de l'agence espagnole Efe, Leonardo Muñoz, a été également arrêté mercredi alors qu'il s'apprêtait à couvrir les manifestations de l'opposition à Caracas. Par ailleurs, deux journalistes chiliens, également arrêtés mardi soir près du palais présidentiel, ont été expulsés mercredi soir, selon le SNTP. Rodrigo Pérez et Gonzalo Barahona travaillent tous les deux pour la chaîne de télévision chilienne TVN. Ils avaient été arrêtés par des membres de la sécurité présidentielle avec deux journalistes vénézuéliens. Ces derniers, Mayker Yriarte et Ana Rodriguez, de la chaîne de télévision numérique VPI, ont été relâchés mercredi matin.  Selon Mayker Yriarte, les autorités ont accusé les journalistes d'être entrés dans "une zone de sécurité" interdite d'accès.

De nombreux reporters étrangers ont été arrêtés ou expulsés ces dernières années au Venezuela, faute de visa de journaliste. Sans mentionner explicitement les arrestations de ces jours-ci, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza a dénoncé sur Twitter que des journalistes étrangers soient entrés dans le pays "sans réaliser auparavant la demande de permis de travail auprès de nos consulats". Il a appelé les médias et agences internationales à "réaliser les démarches indispensables" pour "éviter des inconvénients". Mardi, Reporters sans frontières (RSF) avait dénoncé "les violences des forces de l'ordre à l'encontre des journalistes" vénézuéliens et internationaux couvrant les mouvements de protestation qui secouent le pays depuis le 21 janvier.


Le Venezuela est actuellement le théâtre d'une grave crise politique, qui a vu le leader de l'opposition Juan Guaido, 35 ans, s'autoproclamer "président par intérim" le 23 janvier dernier. Exigeant le départ du pouvoir de Nicolas Maduro, le jeune député de droite est notamment soutenu par de nombreux pays occidentaux, au premier rang desquels les Etats-Unis, qui l'ont reconnu comme chef de l'Etat.  Six pays européens (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas et Portugal), ont, eux, donné jusqu'à dimanche à Nicolas Maduro pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront son adversaire, pour sa part soutenu par la Russie, la Chine, la Turquie, la Corée du Nord ou Cuba.  Le risque de troubles civils est élevé dans ce pays de 32 millions d'habitants, considéré comme l'un des plus violents au monde, en plein naufrage économique et déchiré par les récents événements. Depuis neuf jours, une quarantaine de personnes ont été tuées et plus de 850 arrêtées lors des manifestation, selon l'ONU.

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