Crise des migrants : pourquoi il y a eu moins d’arrivées en Europe mais plus de drames en 2016

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MIGRATIONS – Quelque 360.000 migrants ont franchi les frontières de l’Europe en 2016. Mais si ce chiffre est près de trois fois inférieur à celui de l’année précédente, le nombre de morts a lui augmenté en flèche.

Malgré de sensibles évolutions, la situation reste plus que préoccupante. Et de fait : alors qu’était célébrée dimanche la Journée internationale des migrants, le nombre de ceux qui sont morts en tentant de rejoindre l’Europe a augmenté de plus de 30% en 2016 selon les données statistiques des flux migratoires du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). 


Des flux migratoires qui demeurent plus que jamais l’une des problématiques majeures des pays européens, en première ligne notamment face à la crise en Syrie ou en Libye. Selon le HCR et l’OIM, quelque 360.000 migrants ont ainsi franchi les frontières européennes en 2016. Un chiffre près de trois fois inférieur à celui de l’année précédente (1.015.000 en 2015). Parallèlement, le nombre de personnes décédées en tentant d’atteindre le Vieux continent via la Méditerranée a lui augmenté en flèche, pour passer de 3.700 en 2015 à 4.900 en 2016. 

Le jusqu’au-boutisme des passeurs en cause

En moyenne, cela représente près de 15 décès par jour. Un gouffre. Et le bilan total pourrait encore s'alourdir de 200 à 300 morts d'ici à la fin de l'année, a averti vendredi l'OIM. Selon les chiffres de l’organisation, la traversée de la Méditerranée reste de loin l'itinéraire le plus dangereux au monde pour les migrants, avec plus de 60% des disparitions recensées.


Comment expliquer cette dangerosité ? "Les passeurs prennent de plus en plus de risques et partent même par temps de houle, avec des canots de moins en moins bonne qualité, voire des bateaux en bois", explique Stéphane Broc'h, marin-sauveteur pour l’association SOS Méditerranée, seule ONG à avoir prévu de faire naviguer un navire humanitaire dans la zone tout l'hiver.

Nous avons l'obligation de ne pas laisser mourir ces personnesFilippo Marini, porte-parole des garde-côtes italiens

Même son de cloche du côté de Sergio Liardo, responsable du Centre de coordination des opérations de sauvetage (MRCC) de la marine italienne. "Ces dernières années, les passeurs envoyaient plus de gros bateaux, avec toujours un téléphone satellitaire", raconte le sauveteur transalpin. "Maintenant, ils font partir quatre canots avec un seul téléphone. Le canot muni d'un téléphone est relativement aisé à trouver (grâce à la géolocalisation, ndlr) mais pas les autres."


Aussi complexes soient-elles à gérer, ces difficultés nouvelles n’empêchent pas les quelque 11.000 garde-côtes italiens de rester mobiliser. "Nous avons l’obligation de ne pas laisser mourir ces personnes. Si nous ne le faisions pas, nous aurions à en répondre devant la justice", martèle Filippo Marini, l’un de leurs porte-paroles. "C'est une question d'humanité".

3 infographies pour comprendre la crise des migrants

• Le nombre d’arrivées en Europe trois fois moindre qu’en 2015

• Un tiers de morts supplémentaires en Méditerranée en 2016 par rapport à 2015

• Syriens, Afghans et Irakiens représentent près de la moitié des migrants entrés en Europe

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