Il a privé la France du "contrat du siècle" : qui est Scott Morrison, le Premier ministre australien ?

Il a privé la France du "contrat du siècle" : qui est Scott Morrison, le Premier ministre australien ?

PRAGMATIQUE - Le Premier ministre australien n'est pas du genre à rougir. Réputé proche de Trump et pourtant très compatible avec Joe Biden, il a annoncé sans ménagement la rupture d'un contrat majeur avec la France sans chercher à s'en excuser. Son parcours politique donne quelques indices sur l'homme qu'il est.

La décision était choquante, et son annonce fut abrupte. Le Premier ministre australien Scott Morrison n'a guère pris de gants pour annoncer la semaine dernière à la France la rupture unilatérale du contrat portant sur l'achat de douze sous-marins australiens. Il n'a pas non plus montré d'intention de s'en excuser ou d'en atténuer la portée. Scott Morrison s'est contenté d'acter la "déception française", estimant qu'il était logique que Paris mette du temps à admettre la rupture. Qui est vraiment ce Premier ministre australien issu d'un parti de centre-droit, mais dont les positions l'ont souvent rapproché de Donald Trump ?  

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Affaire des sous-marins : une crise inédite entre la France, l'Australie et les États-Unis

Emmanuel Macron refuse toujours de prendre les appels de Scott Morrison depuis le début de la "crise des sous-marins", ce que celui-ci reconnaît, mais dit prendre avec "patience". Pas du genre à s'excuser, mais pragmatique et doté de capacités d'adaptation hors du commun, la presse australienne ne peut que constater ses "qualités de caméléon".

Président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Bourlanges fut plus direct ce mercredi sur LCI, pour dire tout le mal qu'il pense de "la duplicité de nos alliés" en général, et du Premier ministre australien en particulier :  "C'est un personnage très particulier, infiniment moins sympathique et intelligent que son prédécesseur, qui est d’ailleurs navré de cette affaire." 

Un climato-sceptique

Né à Sydney en 1968, l'homme a longtemps œuvré dans le tourisme, avant de s'engager progressivement en politique il y a une quinzaine d'années. Si le Parti libéral, auquel il appartient, est plutôt classé au centre, il en occupe l'aile droite et a eu plusieurs occasions de le démontrer. Il a ainsi été un ferme opposant au mariage homosexuel, en tant que chrétien évangélique, lorsque la loi qui a légalisé cette union en 2017... fut promulguée par un gouvernement dont il était ministre.

Après plusieurs révolutions de palais internes au Parti libéral, Scott Morrison succède à son Premier ministre Malcolm Turnbull lorsque celui-ci est débarqué par un vote interne en août 2018. Turnbull avait été déstabilisé par la frange droitière de son parti, alors qu'il projetait de s'aligner sur les recommandations de l'Accord de Paris pour le Climat. En lui succédant, Morrison remet donc à plus tard les engagements australiens contre la pollution, privilégiant les industriels du charbon et du secteur minier. 

Il gagne les élections de 2019 à la surprise générale, alors que ses positions climato-sceptiques affichées l'avaient isolé au sein de son propre parti. Morrison avait misé sur la mobilisation des électeurs âgés et sur le soutien du magnat de la presse Rupert Murdoch- avec succès. Dès le mois de novembre qui suit, des incendies géants le placent au cœur des critiques, alors qu'il avait ignoré la menace et était parti en vacances à Hawaï.

Un "caméléon" qui sait s'adapter

Affichant une proximité chaleureuse avec le président américain Donald Trump, avec lequel il partage l'aversion des restrictions d'émissions polluantes, il se trouve brièvement en porte-à-faux lors de l'élection de Joe Biden en 2020. Mais le "caméléon" sait s'adapter. Selon le New York Times, c'est peu après l'arrivée à la Maison Blanche de son nouveau locataire démocrate, que Scott Morrison approche l'administration américaine avec en tête le projet d'une nouvelle alliance pour la zone indo-pacifique. Cette démarche aboutira à l'alliance AUKUS, annoncée le 15 septembre 2021, et qui prive la France d'un contrat d'armement mirifique.

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Cependant, les pressions de ses alliés américains et britanniques le poussent depuis quelques mois à agir contre le réchauffement climatique. Alors qu'il se prononce pour des mesures en vue de limiter les émissions carbone de l'Australie, son parti se rebelle à nouveau en juin dernier. Prudent et pragmatique, Scott Morrison refuse depuis lors de fixer des objectifs chiffrés de réduction des émissions.

C'est dans ce contexte que survient l'annonce, le 15 septembre dernier, de l'abandon de l'achat des sous-marins français, au profit de modèles nucléaires américains. Une option là encore très marquée de la part du Premier ministre australien, dans un pays où la mémoire des essais nucléaires dans le Pacifique a toujours exclu le recours à cette technologie dans le domaine militaire. 

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