Crise diplomatique entre l'Europe et Israël sur la colonisation

Crise diplomatique entre l'Europe et Israël sur la colonisation

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PROCHE-ORIENT - Le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, sème la zizanie sur la scène diplomatique : vendredi, il a convoqué les ambassadeurs britannique, français, italien et espagnol, pour protester contre ce qu'il présente comme leur "partialité" en faveur des Palestiniens.

Tempête diplomatique entre Israël et l'Europe. Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a convoqué vendredi les ambassadeurs britannique, français, italien et espagnol, accusant leurs pays respectifs d'adopter une position "partiale" en faveur des Palestiniens. Un acte rare qui traduit le fort mécontentement d'Israël, n'ayant pas toléré l'affront de la veille : la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne et l'Italie ont en effet décidé conjointement de convoquer leurs ambassadeurs israéliens, pour protester contre la poursuite de la colonisation des territoires Palestiniens.

Une annonce en particulier a déplu aux Européens : celle, la semaine dernière, du lancement d'un plan de plus de 1800 logements dans les colonies. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'UE, s'est dite "très préoccupée" par cette nouvelle, rappelant que "les colonies sont illégales selon la loi internationale" et "constituent un obstacle à la paix".

Avigdor Lieberman, un chef de la diplomatie... peu diplomate

Israël, de son côté, condamne les positions européennes, qu'il juge "partiales, déséquilibrées et déconnectées de la réalité sur le terrain". Dans ce dialogue de sourds, l'Etat hébreu renvoie à son tour à l'UE la responsabilité d'un échec d'un accord de paix avec son vieil ennemi : "les positions tenues par ces Etats mettent considérablement en péril les possibilités de parvenir à un quelconque accord entre les deux camps", a ainsi menacé vendredi le porte-parole de la diplomatie israélienne.

Mais il n'y a pas que l'Europe que l'Etat hébreu s'est mis à dos : la poursuite de la colonisation est aussi un véritable pied-de-nez à l’Administration américaine, qui a envoyé la semaine dernière en Israël son chargé de la diplomatie au Proche-Orient, John Kerry. Ce dernier, qui s'échine à rallier Israéliens et Palestiniens autour de son plan de paix, a également suscité une vive irritation dans l'Etat hébreu et conduit à un échange houleux entre la Maison-Blanche et Jérusalem.

Entre Israël et ses partenaires en Occident, les choses ont commencé à se gâter au mois de novembre, avec le retour au ministère des Affaires étrangères de l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, revenu blanchi après des accusations de corruption. Rival du Premier ministre Benjamin Netanyahou, ce personnage controversé et brut de décoffrage ne croit pas à la possibilité d'un accord de paix. En témoigne sa première annonce à son retour au pouvoir : l’accélération de la colonisation dans les territoires occupés. Un véritable coup de frein au processus de paix.

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