Pétroliers attaqués dans le Golfe d'Oman : les Etats-Unis accusent l'Iran, qui dément toute implication

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CRISE DIPLOMATIQUE - Jeudi, deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible d'une attaque d'origine indéterminée en mer d'Oman, à l'entrée du Golfe.

Pétrolier en feu, opérations de sauvetage de dizaines de marins : la situation était confuse ce jeudi en mer d’Oman. C’est là que deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible d'une attaque. Cette dernière tombe au plus mal, tant la région est déjà sous tension du fait de la crise entre les Etats-Unis et l'Iran.

Que s’est-il passé en mer d’Oman ?

Tout a débuté jeudi matin quand la flotte américaine basée à Bahreïn a indiqué avoir reçu deux "appels de détresse" tôt dans la matinée. Ils émanaient de pétroliers en mer d'Oman, cible d'une "attaque". Premier d’entre eux, le Front Altair, battant pavillon des îles Marshall. Ce pétrolier, propriété du groupe norvégien Frontline, a été "attaqué" entre les Emirats et l'Iran, "à 06H03 locales", ont annoncé dans un communiqué les autorités maritimes norvégiennes. Elles ont précisé qu'aucun membre d'équipage n'avait été blessé mais que ce tanker de 111.000 tonnes était en flammes. Ultérieurement, la TV d'Etat iranienne Irib a montré des images spectaculaires d'un navire au milieu duquel s'élevait une épaisse colonne de fumée noire.


Le second navire, le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs. Tout l'équipage a été sauvé après l'abandon du navire, et sa cargaison de méthanol est intacte, a affirmé son opérateur japonais, Kokuka Sangyo. "Il semble que d'autres navires aient également essuyé des tirs", a dit le président de la compagnie, Yutaka Katada, aux journalistes à Tokyo, confirmant des informations de sa société mère de Singapour, BSM Ship Management. Les deux incidents ont eu lieu à une heure d'intervalle à 25 milles nautiques et 28 milles nautiques de Bandar-é Jask, dans le sud-est de l’Iran.

Qui est derrière ces attaques ?

Les deux attaques n’ont pas été revendiquées pour l’heure. Seule certitude : l’un des deux navires est affrété par le Japon. Or, il se trouve que le Premier ministre japonais Shinzo Abe effectue ces jours-ci une visite historique en Iran pour tenter d'atténuer la tension entre Téhéran et Washington. La République islamique a d’ailleurs jugé hautement suspecte la survenue de ces "attaques". Autre élément à prendre en compte : le 12 mai, quatre navires - deux saoudiens, un émirati et un norvégien-, dont trois pétroliers, avaient été endommagés par des "actes de sabotage", attribués à l'Iran par l'Arabie saoudite et les Etats-Unis.


Pour Washington, la responsabilité de ces attaques ne fait guère de doute : "Le gouvernement des Etats-Unis estime que la République islamique d'Iran est responsable des attaques de ce jour en mer d'Oman", a accusé le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo. Il a évoqué, à l'appui de ses accusations, des informations récoltées par les services de renseignement, "les armes utilisées", les précédentes attaques contre des navires également imputées par Washington à Téhéran, et le fait qu'aucun des groupes alliés de l'Iran dans la région n'ait les moyens d'atteindre "un tel niveau de sophistication". 


Le Pentagone a même diffusé une vidéo qui aurait été tournée au moment des faits, affirmant que l'on voit un navire iranien tentant d'enlever une mine qui n'a pas explosé sur le navire japonais.


Téhéran a qualifié ce vendredi de "sans fondement" les accusations américaines rendant la République islamique "responsable" des attaques perpétrées la veille contre deux pétroliers en mer d'Oman. "En réponse aux accusations sans fondement des Américains" le porte-parole des Affaires étrangères iranien a au contraire insisté sur le fait que l'Iran était venu "en aide" aux navires en détresse et avait "sauvé" leur équipage, indique une communiqué officiel.

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Pétroliers attaqués dans le Golfe : les Etats-Unis accusent l'Iran

Le Pentagone a même diffusé une vidéo qui aurait été tournée au moment des faits, affirmant que l'on voit un navire iranien tentant d'enlever une mine qui n'a pas explosé sur le navire japonais.

Téhéran a qualifié ce vendredi de "sans fondement" les accusations américaines rendant la République islamique "responsable" des attaques perpétrées la veille contre deux pétroliers en mer d'Oman. "En réponse aux accusations sans fondement des Américains" le porte-parole des Affaires étrangères iranien a au contraire insisté sur le fait que l'Iran était venu "en aide" aux navires en détresse et avait "sauvé" leur équipage, indique une communiqué officiel.


"Ces deux dernières années, le gouvernement des Etats-Unis fait preuve d'une approche agressive et représente une grave menace à la stabilité dans la région et dans le monde, en violant toutes les règles internationales", a ajouté le président iranien Hassan Rohani, lors d'une réunion de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek, au Kirghizstan.

Quelle est la réaction de la communauté internationale ?

Ces attaques interviennent dans un contexte inflammable, sur fond de tensions croissantes entre Téhéran et Washington autour du nucléaire iranien. Les Etats-Unis ont quitté unilatéralement l'an dernier l'accord sur le nucléaire iranien de 2015 conclu à Vienne puis rétabli et renforcé des sanctions contre la République islamique. En recevant le Premier ministre japonais, le Guide suprême iranien a rejeté jeudi tout dialogue avec le président américain. Donald Trump "ne mérite pas qu'on échange des messages avec lui", a-t-il dit. 


En outre, l’incident pourrait avoir des répercussions économiques : les tensions sont également fortes entre l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, et l'Iran, autre poids lourd du monde de l'or noir, rendent toujours nerveux le marché, qui craint une possible perturbation de l'offre. Rappelons que les attaques se sont déroulées dans  la région du détroit d'Ormuz, boulevard du trafic pétrolier mondial au large de l'Iran, essentiel aux exportations saoudiennes. 


L'incident a logiquement fait bondir les prix du pétrole alors que le Brent avait fini la séance de mercredi sous les 60 dollars, pour la première fois depuis fin janvier, à 59,97 dollars. Le WTI avait également fini à son plus bas en clôture depuis cinq mois, à 51,14 dollars.


Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré que le monde ne pouvait pas se permettre un affrontement majeur dans le Golfe. L'Union européenne a elle appelé à une "retenue maximale" pour éviter une escalade dans la région. 

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