Crise du Golfe : des milliers de chameaux "rapatriés" au Qatar

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EXODE - Dernières victimes en date de la crise diplomatique dans le Golfe, des milliers de chameaux ont du reprendre le chemin du Qatar. Un exode forcé dont ont souffert beaucoup de troupeaux. Les éleveurs qataris, majoritairement des bédouins, craignent que leur mode de vie nomade ne soit remis en cause.

Le 5 juin, l’Arabie Saoudite et ses alliés (Egypte, Émirats arabes unis et Bahreïn) rompaient tout lien avec le Qatar, lui reprochant de soutenir des groupes terroristes. Les frontières terrestres, maritimes et aériennes avec ce petit pays du Golfe ont été fermées et les ressortissants qataris disposaient de deux semaines pour rejoindre leur pays d’origine. 


Une mesure qui a contraint les éleveurs qataris à rapatrier leur bétail présent dans le désert saoudien. Un exode pendant laquelle de nombreux chameaux ont péri. "Nous sommes soulagés d'avoir passé la frontière", racontait en début de semaine Hamad Mohamed Bou Salae, un éleveur qatari à nos confrères de Reuters. "En Arabie Saoudite, on a beaucoup souffert. Il y a avait une foule énorme et rien n'était organisé". Ce propriétaire de chameaux a retrouvé la quasi-totalité de ces bêtes mais tous n'ont pas été aussi chanceux.

Le troupeau de Braik Al-Murri s'est quant à lui retrouvé de part et d'autre de la frontière, dorénavant fermée. "J'en encore (des chameaux) en Arabie Saoudite", regrette-t-il. D'autres sont morts en route. Et pourtant, "certains valent très cher, entre 50 et 70 000 euros". Il reproche notamment aux autorités saoudiennes de ne pas avoir préparé ce rapatriement : "Ils ne nous ont même pas aidés", souffle-t-il. "Ils ont juste fermé la frontière entre nous et les chameaux et ne nous ont pas laissé la traverser pour les chercher".


Ce lundi, le Qatar a envoyé un convoi d'eau et d'herbe au niveau de la frontière pour accueillir les troupeaux. Ce n'est que le lendemain qu'un accord a été trouvé avec les gardes-frontières. Les éleveurs ont finalement été autorisés à entrer sur le territoire saoudien pour récupèrer leurs chameaux manquant à l'appel.

Parmi les éleveurs de chameaux qataris, on compte de nombreux bédouins. Ces nomades ont pour habitude d'emmener leur troupeau chaque hiver dans le désert saoudien - un territoire qui leur est dorénavant interdit - pour les nourrir et les entrainer en vue de courses ou de concours de beauté. Ces coutumes pourraient être vouées à disparaitre.

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