Crise en Iran : Macron et Rohani se sont appelés et ils ne sont pas franchement allés dans le même sens

Crise en Iran : Macron et Rohani se sont appelés et ils ne sont pas franchement allés dans le même sens

COUP DE FIL - Les deux hommes d'Etat se sont appelés ce mardi, pour un entretien prévu de longue date selon l'Elysée. L'occasion pour l'Iranien de réclamer au Français la tête de certains de ses opposants, installés dans l'Hexagone. Demande dont l'aboutissement semble mal parti.

Emmanuel Macron a beau se montrer en soutien intransigeant de l'accord sur le nucléaire iranien, il ne faut pas trop lui en demander, et la récente demande formulée par président de l'Iran Hassan Rohani pourrait bien être déçue. En effet, le leader iranien, en proie aux contestations sur fond d'émeutes de la faim dans son pays depuis les derniers jours de 2017, a demandé, lors de son entretien téléphonique avec son homologue français, à ce que ce dernier agisse contre un "groupe terroriste" basé en France.


Le groupe en question ? Les Moudjahidine du peuple, ex-alliés de la Révolution islamique depuis écartés et installés en France depuis la fin des années 1980, dirigés par Maryam Radjavi. "Nous critiquons le fait qu'un groupe terroriste ait une base en France et agisse contre le peuple iranien et encourage la violence. Nous attendons du gouvernement français qu'il agisse contre ce groupuscule terroriste", aurait ainsi fait savoir, selon la télévision d'Etat iranienne, le président Rohani à l'Elysée lors de leur coup de fil, mardi 2 janvier.

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Appel à "la retenue"

Une demande qui semble avoir bien peu de chances d'aboutir, si on en juge par la réaction de l'Elysée à ce sujet : inexistante. En effet, dans son communiqué faisant suite à ce coup de téléphone, le palais présidentiel n'a aucunement fait mention de cette demande, faisant en revanche part de sa "préoccupation" suite à la répression des violences  et au "nombre de victimes liées aux manifestations", pour "encourager son homologue à la retenue et à l'apaisement".


Contactée sur le sujet précis des Moudjahidine du peuple par LCI, la présidence n'avait pas encore réagi à l'heure où nous écrivons ces lignes. Mais un indice supplémentaire laisse penser que la demande iranienne pourrait faire chou blanc, puisque Jean-Yves Le Drian, qui devait se déplacer à Téhéran ce vendredi, a fait annuler sa visite. D'un "commun accord" avec le président Rohani, a tout de même précisé l'Elysée.

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L’Iran secoué par une vague de manifestations

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