Crise en Ukraine : la Russie mise à l'amende

Crise en Ukraine : la Russie mise à l'amende

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RUSSIE – Washington et Bruxelles ont décidé d'alourdir les sanctions économiques à l'encontre de Moscou, lundi, en représailles à l’escalade de la violence en Ukraine. Mais ces menaces peuvent-elles vraiment faire plier Vladimir Poutine ?

"Il est de la guerre économique comme de n'importe quelle bataille : quand on donne un coup, il faut être prêt à en recevoir". La règle, que nous rappelle le spécialiste de la Russie Jean-Pierre Maulny, résume bien le bras de fer entre les Occidentaux et la Russie . Lundi, les Etats-Unis mais aussi les 28 Etats membres de l'Union européenne, ont décidé de durcir les sanctions économiques à l'encontre de Moscou (voir encadré). Des menaces auxquelles Moscou a juré de "répondre". Ce sera "douloureux", promet le Kremlin.

En s'attaquant au portefeuille de Moscou, l'Europe sait bien que la partie s'annonce délicate. Elle laisse d'ailleurs Washington brandir seul la menace des embargos (étape ultime du plan de sanctions) et préfère s'en tenir à des menaces ciblées contre des personnalités russes (voir encadré). "Elle sait qu'elle risque un effet boomerang très dangereux", explique Jean-Pierre Maulny, qui cite l'exemple des métaux rares : "Si la Russie décide de ne plus nous vendre de titane ou de palladium, c'est toute une partie de l'industrie high-tech occidentale qui s’arrête. Car ces métaux, on ne les trouve qu'en Russie".

"La Russie commence à en subir les conséquences"

Sans parler du gaz : pas moins de six pays de l'UE dépendent à 100 % du gaz russe et douze autres à 50%. On comprend tout de suite l'hésitation des 28 à aller plus loin dans les rétorsions économiques à l'encontre de Moscou. Faut-il pour autant en conclure que toute menace est fait en l'air ? Non, à en croire la spécialiste de la Russie, Françoise Daucé : "Si l'Europe se tourne vers les Etats-Unis pour s'approvisionner en gaz", l'effet sera très dissuasif, promet-elle.

La spécialiste voit d'ores et déjà dans ces sanctions un effet réel indirect. "Elles envoient un signal aux acteurs économiques dans le monde et la Russie commence à en subir les conséquences", assure Françoise Daucé. De fait, le spectre de la récession plane : "Le rouble est en nette baisse et les investissements étrangers ont été divisés par trois en un an", rappelle la chercheuse.

Mais pas de quoi déstabiliser Moscou, du moins en apparence, dont le discours du "même pas peur" ne faiblit pas depuis le début de la crise en Ukraine. Imperturbable, Vladimir Poutine ? "Si ces effets économiques viennent à toucher directement la population, comme une baisse du pouvoir d'achat, alors il risque d'en subir les conséquences", assure Françoise Daucé. C'est un coup à deux bandes : à terme, la vraie sanction pourrait venir de l'intérieur.

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