L'Égypte, le Yémen et trois pays du Golfe rompent leurs relations avec le Qatar

L'Égypte, le Yémen et trois pays du Golfe rompent leurs relations avec le Qatar

BOULEVERSEMENTS - C'est la crise la plus grave depuis la création du Conseil de coopération du Golfe, en 1981. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, l’Égypte et le Yémen ont annoncé ce lundi rompre leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu'ils accusent de soutenir le terrorisme. Des décisions condamnées par Doha.

Ils ne veulent plus rien avoir à faire avec le Qatar. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Bahreïn, l’Égypte et le Yémen ont annoncé ce lundi la rupture de leurs relations diplomatiques avec les qataris. Dans de brefs communiqués, les trois pays du Golfe, le Yémen et l’Égypte invoquent des questions de sécurité nationale. La coalition militaire arabe, intervenant depuis plus de deux ans au Yémen sous commandement saoudien, a aussi décidé d'exclure le Qatar de cette alliance.

Le Qatar "soutient de multiples groupes terroristes et religieux qui visent à déstabiliser la région, dont les Frères musulmans, l'Etat islamique et Al Qaïda, et assure constamment la promotion du message et du projet de ces groupes grâce à ses médias", affirme l’agence de presse saoudienne SPA, qui fait notamment allusion à la chaîne Al Jazeera.

Fermeture des liaisons terrestres, aériennes et maritimes

Au-delà des ruptures diplomatiques, l’agence SPA a également annoncé que l’Arabie saoudite souhaitait couper toutes les liaisons terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar pour "protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l'extrémisme". "L'Arabie saoudite a pris cette mesure décisive en raison des sérieux abus des autorités de Doha tout au long des dernières années (...) pour inciter à la désobéissance et nuire à sa souveraineté", a déclaré un responsable saoudien. 

L’Égypte a elle aussi fait savoir qu’elle comptait fermer son espace aérien et ses ports maritimes à tous les moyens de transport du pays, "qui insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis de l'Egypte". Du côté du Bahreïn et des Émirats, les diplomates du Qatar ont 48h pour quitter leurs postes. À compter de mardi matin, la compagnie aérienne Etihad des Émirats arabes unis va mettre en suspens tous ses vols vers et en provenance du Qatar. Elle propose à ses clients le remboursement de leurs billets d’avion et assure regretter "la gêne".

Emirates et flydubai, ainsi que la Saoudienne Saudia ont également annoncé la suspension de tous leurs vols à destination et en provenance du Qatar.

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"Des mesures injustifiées"

Suite à ces décisions, le Qatar a immédiatement réagi en accusant ses voisins de chercher à le mettre sous tutelle, ce qui marque "une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable". Ces mesures sont "injustifiées" et "sans fondement", a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Première conséquence de cette annonce, la Bourse de Doha a ouvert en forte baisse lundi matin, perdant 7,6% dans la première heure des échanges. Vodafone Qatar a notamment subi une baisse de 10% tandis que la Qatar National Bank, première banque du pays, a perdu 5,7%.

Ces deux dernières semaines, la tension était déjà montée d’un cran dans la région après la publication d’articles de presse. Ceux-ci relayaient des critiques émises par l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad al Thani, envers la rhétorique anti-iranienne de ses voisins du Golfe et contre Donald Trump, qui avait été reçu en grandes pompes en Arabie saoudite. Des propos niés par l’émir du Qatar qui n’ont visiblement convaincu personne. Une semaine plus tard, un ministre émirati avait prédit le prochain éclatement d’une "grave crise" au sein du Conseil de coopération du Golfe. Il s'agit effectivement de la crise la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe, composé de l'Arabie saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, de l'Oman et du Qatar.

En 2014, l’Arabie saoudite, le Bahreïn et l’Égypte avaient rappelé leurs ambassadeurs installés à Doha. Ils reprochaient au Qatar ses liens avec l'organisation des Frères musulmans après le renversement du chef d'Etat égyptien Mohamed Morsi, qui en était issu.

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