Crise sociale au Chili : remaniement, couvre-feu suspendu et possible levée de l'état d'urgence, le pouvoir cède face à la rue

Crise sociale au Chili : remaniement, couvre-feu suspendu et possible levée de l'état d'urgence, le pouvoir cède face à la rue
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CONTESTATION - Au lendemain d'une manifestation sans précédent dans le pays, le président chilien Sebastian Pinera a annoncé ce samedi un vaste remaniement de son gouvernement et une possible levée de l'état d'urgence dans les prochaines heures. L'armée a pour sa part suspendu le couvre-feu instauré à Santiago.

Au Chili, le pouvoir cherche une porte de sortie à la crise sociale. Après plus d'une semaine de protestations, parfois violentes, et une manifestation monstre dans les rues de Santiago vendredi, la contestation a gagné un premier combat. Sous la pression populaire, le président chilien Sebastian Pinera a annoncé ce samedi 26 octobre un vaste remaniement de son gouvernement, au lendemain d'une manifestation historique dans le pays contre les inégalités sociales. "J'ai demandé à tous les ministres de remettre leur démission pour pouvoir former un nouveau gouvernement et pouvoir répondre à ces nouvelles demandes", a déclaré le chef de l'État dans un message à la nation. 

Lors de cette allocution télévisée, Sebastian Pinera a également évoque une levée de l'état d'urgence dimanche 27 octobre si "les circonstances le permettent" afin de "contribuer à cette normalisation que tant de Chiliens désirent et méritent". Plus tôt ce samedi, l'armée avait confirmé la suspension du couvre-feu à Santiago en vigueur depuis le 19 octobre à la suite de violentes émeutes dans la capitale. "Il a été évalué que les conditions actuelles nous permettent de décider qu'il n'y aura plus de couvre-feu dans la RM (région métropolitaine) à partir de maintenant", a déclaré l'armée dans un communiqué.

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Chili : la contestation s'amplifie, plus d'un million de manifestants dans les rues

Vendredi 25 octobre, près d'un million de personnes avaient battu le pavé dans les rues contre les inégalités sociales. Une mobilisation historique, nourrie d'années de frustrations socio-économiques, que le pouvoir en place n'a pas vu venir. Les protestataires reprochent au président Pinera de ne pas avoir pris la mesure de la crise qui se joue actuellement dans le pays. 

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En réponse à la contestation, Sebastian Pinera, élu en 2017, avait déclaré l'état d'urgence, avec à la clé le déploiement de milliers de militaires dans les rues. Cela avait conduit à de violents affrontements. Des centaines de supermarchés, de commerces, d'entreprises ont été saccagées ou incendiées, de nombreux touristes ont dû reporter leur séjour, des dégâts majeurs ont été constatés dans le métro. Selon les médias locaux, les destructions se chiffrent à plus de 900 millions de dollars et touchent directement 400.000 employés.

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