Cuba : dernier hommage à Fidel Castro, Ségolène Royal salue "un monument historique"

ADIEUX - Après avoir traversé l’île, le convoi funéraire de Fidel Castro est arrivé à Santiago de Cuba où les funérailles sont prévues dimanche. Représentant la France lors de la cérémonie, Ségolène Royal a défendu le bilan du "Comandante".

Tel un symbole, c’est à Santiago de Cuba que prend fin la "caravane de la liberté" de Fidel Castro. Parti de La Havane, le convoi a traversé 13 des 15 provinces de l’île avant de rejoindre la ville portuaire, retraçant en sens inverse l’itinéraire emprunté par les révolutionnaires en janvier 1959.

La deuxième ville du pays est considérée comme le berceau de la Révolution cubaine. Là où le 26 juillet 1953, Fidel Castro et 121 autres révolutionnaires avaient tenté, en vain, de prendre la caserne de la Moncada pour renverser la dictature de Batista. Là où, le 1er janvier 1959, Fidel Castro avait annoncé la victoire de la révolution, avant de parcourir les 950 kilomètres jusqu’à La Havane. Ce week-end,  Santiago de Cuba marquera la fin d’une époque.

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JT WE - Fidel Castro, un dernier voyage à travers Cuba : des marées humaines au rendez-vous

Une grande cérémonie d’hommages s'est tenue dans la soirée de samedi, en présence de plusieurs chefs d’Etats, parmi lesquels Evo Morales, président de la Bolivie, Jocelerme Privert, président par intérim d'Haïti, et Denis Sassou-Nguesso, président de la RDC, ainsi que les anciens présidents brésiliens Lula et Dilma Rousseff. C'est Ségolène Royal qui représentait la France, seule membre d'un gouvernement européen, avec le Premier ministre grec Alexis Tsipras, à avoir fait le déplacement.

Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destinSégolène Royal

"C'est un monument de l'histoire, d'abord, Fidel Castro" et "c'est le symbole d'une amitié très profonde entre Cuba et la France", a déclaré la ministre de l'Ecologie à des journalistes français peu après son arrivée à Cuba. "Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu'il y a eue pendant la Révolution française."


Interrogée sur les violations des droits de l'homme reprochées par l'ONU et l'opposition au régime cubain, Ségolène Royal a souligné au contraire l'existence sur l'île d'"une liberté religieuse" et d'"une liberté de conscience" : "Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l'homme alors qu'on sait qu'ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n'en a pas."


"Je sais que ça dérange parce que justement voilà un pays insulaire qui protège son patrimoine, qui interdit les prédateurs, qui a réussi aussi à faire en sorte qu'il y ait une propreté, une sécurité vraiment remarquables, que l'on n'atteint pas dans beaucoup de pays qui donnent aujourd'hui des leçons de droits de l'Homme", a-t-elle conclu.

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Castro, "monument de l'histoire" selon Royal

Le footballeur argentin Diego Armando Maradona, qui a toujours revendiqué son admiration pour Fidel Castro, était également à Santiago.

Aucun culte à Fidel Castro

En présence de membres du gouvernement et de dignitaires du parti communiste, Raul Castro, qui a succédé à son frère à la présidence du pays en 2006, a prononcé un discours sur la place Antonio Maceo, devant la foule. Il a assuré que conformément à la volonté de Fidel Castro, aucun lieu ni monument ne porterait son nom à Cuba.


Il s'est aussi engagé à "défendre la patrie et le socialisme". Fidel "a démontré que cela est possible, qu'on peut renverser tout obstacle, menace, soubresaut dans notre détermination à construire le socialisme à Cuba", a-t-il insisté.

Ce dimanche, les cendres de l'ex-président décédé il y a une semaine à 90 ans doivent être enterrées au cimetière de Santa Ifigenia de Santiago, à côté du mausolée de José Marti, le héros de l'indépendance de Cuba. Les médias étrangers ne sont pas conviés à ces funérailles "privées" qui marquent la fin du deuil national de neuf jours.

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