Fidel Castro, le dernier grand dirigeant communiste du monde occidental, est mort

DISPARITION - Fidel Castro est mort vendredi soir à La Havane, a annoncé son frère Raul. Le père de la Révolution cubaine, qui avait 90 ans, a dirigé son pays d'une main de fer pendant plus d'un demi-siècle.

Fidel Castro est mort vendredi soir à La Havane, a annoncé son frère Raul. Le père de la Révolution cubaine avait 90 ans. "Le commandant en chef de la Révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir (4h29 heure française)", a indiqué Raul Castro à la télévision cubaine. Il a ajouté que "conformément à la volonté exprimée par le camarade Fidel, sa dépouille sera incinérée dans les premières heures" de la journée de samedi. Neuf jours de deuil national ont en outre été décrétés.


Pendant plus d'un demi-siècle, le "Lider Maximo", dernier survivant de la Guerre Froide, a tenu Cuba d'une main de fer, défiant les États-Unis et mettant au pas toute opposition sur l'île.

C'est en 1959 que ce fils d'un grand propriétaire terrien renverse le régime de Fulgencio Batista et prend le pouvoir avec ses "barbudos", après 25 mois de guérilla. 


Fidel Castro ne tarde alors pas à afficher ses sympathies pour l'URSS. De quoi donner des sueurs froides aux États-Unis, situés à seulement 200 kilomètres de Cuba. En 1961, Washington rompt ses relations diplomatiques avec La Havane, avant d'échouer, quelques mois plus tard, à faire débarquer des anticastristes dans la baie des Cochons. En 1962, l'escalade se poursuit et le monde se retrouve au bord d'un conflit atomique après l'installation de missiles soviétiques sur l'île. Les États-Unis décrètent un embargo contre Cuba.

Dans les années qui suivent, Fidel Castro fait table rase des dernières survivances du capitalisme à Cuba et arrime solidement l'île au bloc soviétique. Sur l'île, toute opposition est implacablement réprimée.


Quand l'URSS s'écroule, au début des années 1990, le "Lider Maximo" annonce une "période spéciale en temps de paix". Le pays subit des pénuries en tous genres mais le régime parvient à survivre, en légalisant le dollar et en s'ouvrant au tourisme. La répression, elle, ne faiblit pas : en 2003, 75 dissidents sont condamnés à de lourdes peines de prison, entraînant des sanctions de l'Union européenne. 

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Dans les années 2000, Fidel Castro connaît des difficultés de santé. En 2006, après une hémorragie intestinale, il cède le pouvoir à son frère cadet, Raul, ministre de la Défense depuis 1959. Dans les années qui suivent, il lui confie progressivement tous les rênes du pouvoir : le poste de président du Conseil d'État, en 2008, puis, en 2011, sa dernière charge officielle, celle de premier secrétaire du Parti communiste cubain (PCC).


En 2014, les États-Unis et Cuba amorcent un rapprochement historique. Après la visite de Barack Obama sur l'île en 2016, Fidel Castro, dont les apparitions publiques se font de plus en plus rares, ironise dans une lettre sur les "paroles sirupeuses" du président américain et assure que l'île "n'a pas besoin de cadeau". 


Le 19 avril 2016, le père de la Révolution cubaine fait sa dernière apparition publique à La Havane, lors de la session de clôture du PCC. À la tribune, la voix tremblante, Fidel Castro évoque alors le legs du communisme cubain mais aussi sa propre disparition : "bientôt j'en aurai fini comme tous les autres. Notre tour viendra, à tous".

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