Cybersécurité : le renseignement américain pointe du doigt la société russe Kaspersky

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SPY - Pour la première fois, des responsables de la sécurité et du renseignement américains ont publiquement exprimé leurs craintes concernant Kaspersky Lab. Cette société spécialisée dans les antivirus est soupçonnée d’espionnage pour le compte du Kremlin.

Kaspersky Lab est-elle en réalité une antenne du Kremlin ? Ce géant de la sécurité informatique utiliserait-il ses logiciels, censés protéger les ordinateurs contre les piratages, pour au contraire les espionner ? C’est la question que se posent sérieusement de nombreux responsables de la sécurité et du renseignement américains, du FBI à la NSA. Et ils ne s’en cachent plus. 

"Nous sommes très préoccupés et nous nous concentrons sur ce sujet", a confirmé le chef du FBI par intérim, Andrew McCabe, interrogé sur Kaspersky lors d'une audition devant une commission parlementaire spécialisée dans le renseignement. 

Paranoïa ou menace réelle sur la sécurité intérieure du pays ?

Vincent Stewart, un haut gradé de l'Agence du renseignement de la défense, fonctionnant sous la juridiction du ministère américain de la Défense, a assuré de son côté que son administration évitait de s'équiper chez Kaspersky.

Les craintes sont aussi présentes au sein de la CIA, de la NSA et de la National Geospatial Intelligence Agency, leurs directeurs respectifs se disant conscients du problème posé en termes de sécurité intérieure.

Cette multiplication d’annonces interroge … et inquiète outre-Atlantique. Paranoïa ou menace réelle sur le pays, les Américains cherchent dans tous les cas des réponses depuis que des pirates informatiques russes sont suspectés d'avoir influencé la présidentielle de 2016 aux Etats-Unis. Les révélations concernant l'ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump ont continué à alimenter les doutes concernant cette société de cybersécurité. Des investigations ont montré que Michael Flynn, rémunéré 11.250 dollars en octobre 2015 par la filiale américaine de Kaspersky Lab, avait eu des contacts répétés avec l'ambassadeur russe à Washington. Un scandale qui lui avait valu son poste en février dernier.

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Kasperksy Lab réclame des preuves

La société russe, de son côté, nie toute implication avec le Kremlin. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, Kaspersky Lab assure qu'elle "n'a jamais aidé, et n'aidera jamais, un quelconque gouvernement dans ses efforts d'espionnage". Fondée en 1997 par Eugène Kaspersky, cette entreprise est devenue une multinationale avec 3700 salariés et quelque 400 millions de clients. Alors même que les sénateurs américains entendaient les différents sérvices de sécurité, Eugène Kaspersky lui-même répondait aux questions des internautes sur la réseau social Reddit. Interrogé sur ces accusations de trahison, il a fermement nié toute implication. "Je suis désolé que ces messieurs ne puissent utiliser le meilleur des logiciels actuellement sur le marché à cause de raisons politiques", a-t-il ironisé. Il s'est aussi proposé de témoigner devant le Sénat et a souligné que les remarques des officiels ne reposaient sur aucune "raison concrète ou preuve quelconque de méfait" de leur côté.

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