D-Day 75 : diplomatie, symboles... les autres enjeux de ces cérémonies

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À LA LOUPE - Le 6 juin 2019, la France accueille en Normandie les célébrations du 75e anniversaire du Débarquement. Emmanuel Macron, aux côtés de Donald Trump, Theresa May et Justin Trudeau, rend hommage aux vétérans qui ont participé à cette offensive Alliée, point d'orgue de la Seconde Guerre mondiale. Mais au-delà des célébrations, se souvenir du Débarquement revêt un enjeu important pour ceux qui ont précédé Emmanuel Macron.

A l'occasion des célébrations du Débarquement des forces Alliées, plus de 30.000 personnes, dont 500 vétérans, sont attendues le 6 juin 2019 en Normandie pour la cérémonie internationale organisée par la France. De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement font le déplacement. L'organisation d'une telle cérémonie pour commémorer le Débarquement a toujours été un enjeu. 

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Charles De Gaulle préféra la Provence

Se rendre ou pas sur plages du Débarquement ? Pour Charles de Gaulle, ce sera non. En 1964, pour les vingt ans de l'événement, le Général préféra organiser une impressionnante cérémonie navale dans la rade de Toulon au mois d'août et commémorer ainsi le Débarquement de Provence. Pourtant, dix ans plus tôt en 1954, René Coty, président de la IVe République s'était rendu à Colleville-sur-Mer pour y déposer une gerbe. 

A Toulon, les forces Alliées ne sont toutefois pas ignorées. Un parade militaire est organisé dans les rues où sont présents, notamment, des soldats américains et britanniques.  

1974, la première chaîne sort le grand jeu

Pour les trente ans du D-Day, la première chaîne - aujourd'hui TF1 - déploie les grands moyens. Pour les actualités du 13h et du 20h, Léon Zitrone présente les informations dans une édition spéciale depuis Omaha Beach en Normandie. L'ouverture du journal est impressionnante, une caméra filme les côtes normandes du Débarquement depuis un avion. Les téléspectateurs sont au cœur de l'événement. 

Signe fort de réconciliation, Léon Zitrone a tenu à inviter un journaliste allemand à ses côtés, ainsi qu’un correspondant de guerre américain qui, trente ans plus tôt, débarqua sur les plages normandes. En revanche, le président Valéry Giscard d’Estaing ne se déplacera pas et enverra son ministre des Armées, Jacques Soufflet, compagnon de la Libération. 

Une cérémonie internationale, sous l'impulsion de François Mitterand

C’est à partir de 1984 que la France voit les choses en grand pour célébrer le Jour le plus long. François Mitterrand, locataire de l'Elysée de puis trois ans, rassemble autour de lui à Utah Beach, la reine d’Angleterre, Elisabeth II, le président des Etats-Unis de l'époque, Ronald Reagan, et le Premier Ministre canadien, Pierre-Elliott Trudeau – père de l’actuelle Premier ministre. Une telle cérémonie est une première. 

Mais plus tôt dans la journée, le président de la République s’était rendu à Bayeux pour se recueillir devant le monument édifié en l’honneur du Général De Gaulle. Quarante ans auparavant, le Général affirma depuis Bayeux, première ville libérée par les Alliés, que le Gouvernement provisoire de la République était le Gouvernement de la France. 

A l’occasion des 50 ans du Débarquement, François Mitterrand souhaite réunir de nouveau les chefs d'Etat et de gouvernement des belligérants. Une invention est même envoyée à Helmut Kohl, le chancelier allemand. Par ce geste, le président français entend poursuivre le travail de réconciliation. Dix ans plus tôt, les deux hommes marquèrent l’histoire par une poignée de spontanée à l’ossuaire de Douaumont. Mais  cette fois si, Helmut Kohl déclina l'invitation. "Ce n'est pas une occasion pour un chancelier allemand de faire la fête, quand d'autres commémorent leur victoire dans une bataille où des dizaines de milliers d'Allemands ont trouvé la mort", expliqua-t-il à la presse allemande. 

Des célébrations sous le signe de la réconciliation

En 2004, pour la première fois, un chancelier allemand, Gerhard Schröder, est présent aux cérémonies commémorant le Débarquement. En tout, dix-sept chefs d’Etat et de gouvernement assisteront à la cérémonie organisée à Arromanches dans le Calvados organisée par Jacques Chirac. Autre présence remarquée, celle de Vladimir Poutine, président de la Russie. 

Pour le 70e anniversaire en 2014, François Hollande parvient lui à réunir dix-neuf dirigeants des belligérants de la Seconde Guerre mondiale. Une impressionnante cérémonie d’une heure est organisée sur la plage à Ouistreham. L’occasion d’apaiser - le temps d'une journée - les relations internationales. Vladimir Poutine est invité au côté de Barack Obama, et du tout nouveau président ukrainien Pétro Porochenko. L’Allemagne et la France profitent de l’occasion pour réunir enfin Russe et Ukrainien autour de la même table, donnant naissance au fameux format Normandie. 

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En 2019, inutile de chercher le président russe aux côtés de Donald Trump, Theresa May ou d'Emmanuel Macron. Vladimir Poutine n’a pas été convié personnellement. La raison est sans doute les relations avec Moscou qui se sont considérablement refroidies depuis cinq ans, en raison du conflit en Ukraine et en Syrie. Contactée par LCI, l’ambassade de Russie en France nous informe que l’invitation a été envoyée sous forme d’une ‘note consulaire non-nominative’. Le pays sera toutefois représenté par un membre de l’ambassade. 

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