Daech les a encore attaqués : qui sont les coptes d'Egypte ?

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RELIGION - Des assaillants du groupe Etat islamique ont attaqué un bus de coptes en Egypte samedi, tuant 29 personnes. Un nouveau coup dur pour cette communauté chrétienne, l'une des plus anciennes du Moyen-Orient.

Alors qu'ils se rendaient à un monastère à bord d'un bus, des coptes ont encore été pris pour cible vendredi, en Egypte. Des hommes armés les ont attaqués, tuant 29 personnes dont un "grand nombre" d'enfants, selon le ministère de la Santé. Cet attentat a été revendiqué par l'Etat islamique et s'ajoute à une longue liste.

Qui sont les coptes d’Egypte ?

Les coptes représentent la minorité chrétienne la plus importante du Moyen-Orient. Ils seraient entre 8 et 10 millions en Egypte, dans un pays où les musulmans sunnites sont une immense majorité. Cette communauté est ancrée dans l’Histoire : les coptes remontent en effet à l'aube du christianisme, à l'époque où l'Egypte était intégrée à l'empire romain, puis à l'empire byzantin, après la disparition de la dernière dynastie pharaonique des Ptolémées, d'origine grecque. Le mot "copte" a d'ailleurs la même racine que le terme "Égyptien" en grec ancien. Leur déclin commence avec les invasions arabes du VIIe siècle et l'islamisation progressive du pays.

Quelle est leur place aujourd’hui en Egypte ?

Les coptes sont présents dans tout le pays, avec des concentrations plus fortes en Moyenne-Egypte. On les trouve également dans toutes les catégories sociales, des éboueurs misérables du Caire ("zabbalines") aux grandes familles patriciennes comme les Boutros-Ghali. Une omniprésence qui, pourtant, ne se retrouve pas à la tête du pays. Faiblement représentés au gouvernement, les coptes s'estiment en effet tenus à l'écart de nombreux postes de la justice, des universités ou encore de la police. Ils déplorent également une législation très contraignante pour l'édification des églises, alors que le régime pour les mosquées est très libéral.

Pourquoi sont-ils menacés ?

La montée d'un islam rigoriste aggrave le sentiment de marginalisation des coptes, surtout depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février 2011. Le 8 mars 2011, 13 personnes avaient été tuées lors d'affrontements entre musulmans et coptes dans le quartier déshérité de Moqattam au Caire. Deux mois plus tard, des affrontements entre musulmans et coptes faisaient 15 morts et plus de 200 blessés dans le quartier populaire cairote d'Imbaba, où une église avait été attaquée et une autre incendiée. En octobre de la même année, 27 personnes avaient été tuées au Caire lors d'une manifestation contre l'incendie d'une église.


La minorité chrétienne avait ensuite subi les représailles d'islamistes radicaux lui reprochant d'avoir soutenu l'éviction en juillet 2013 de l'islamiste Mohamed Morsi, le seul président élu démocratiquement d'Egypte, un an tout juste après son accession à la magistrature suprême. Depuis l'été 2013, plus de 40 églises ont été attaquées, dont 37 incendiées ou endommagées, ainsi que des dizaines d'écoles, de maisons et de commerces appartenant à des coptes, affirme Human Rights Watch, qui accuse les forces de l'ordre d'avoir été absentes lors de ces attaques confessionnelles.

Le dernier attentat remonte au 9 avril dernier. Deux explosions ont visé des églises coptes en plein dimanche des Rameaux. La première a fait 27 morts et 78 blessés dans la ville de Tanta, à 120 km au nord du Caire. La seconde, survenue quelques heures plus tard à Alexandrie, a tué 16 personnes et blessé 41 autres.

Avant cela, un autre attentat suicide contre une église copte avait eu lieu le 11 décembre 2016. 29 personnes étaient décédées dans l'édifice, contigu à la cathédrale Saint-Marc, siège du pape de l'Eglise copte orthodoxe. 

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