GRECE – "Grexit", "ELA", "FESF", etc. Vous ne parlez pas le jargon de la crise grecque ? Pas de souci ! Metronews vous explique les principaux termes à connaître pour comprendre l'actualité.

Les Européens vont-ils accepter, une fois encore, de voler au secours de la Grèce ? Mardi soir, les dirigeants de la zone euro se réunissent une nouvelle fois pour trouver un début de solution à la crise grecque. En 10 définitions, metronews fait le point sur ce qu'il faut savoir pour suivre la crise grecque.

Alexis Tsipras
Le Premier ministre grec, arrivé au pouvoir en janvier à la faveur de la victoire de son parti d'extrême gauche, Syriza, aux législatives, s'était fixé pour objectif de mettre un terme à l'austérité qui frappe son pays depuis 2010. L'intransigeance des créanciers l'a poussé à appeler ses concitoyens à se prononcer sur le plan d'aide et de réformes qui lui était imposé. Après la victoire du "non" au référendum, pour lequel il a fait campagne, il espère obtenir un accord plus favorable lors des négociations avec ses créanciers. Reste à savoir si ceux-ci seront prêts à l'écouter.

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BCE
La Banque centrale européenne est l'un des créanciers de la Grèce, à qui le pays doit 27 milliards d'euros. Le 20 juillet, le gouvernement grec doit d'ailleurs lui rembourser 3,5 milliards. Ce paiement est crucial : en effet, la BCE tient à bout de bras le système bancaire grec est lui fournissant toutes les liquidités dont elle à besoin (voir ELA). Si Athènes faisait défaut, la BCE pourrait être tentée de suspendre ce programme, au risque de plonger le système bancaire dans le chaos.

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Dette grecque
C'est le principal problème auquel est confrontée la Grèce. Le pays doit en effet rembourser un total de 320 milliards d'euros à ses créanciers. Cette dette se découpe de la manière suivante : 142 milliards au Fonds européen de stabilité financière, 53 milliards aux autres pays de la zone euro, 32 milliards au FMI et 27 milliards à la BCE (voir chacun de ces points). Les 66 milliards restants se répartissent entre fonds d'investissement privés et banques. Cette dette explique en grande partie les difficultés actuelles de la Grèce : son montant est tellement colossal que chaque remboursement aggrave un peu plus la santé financière du pays. Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, le Premier ministre grec Alexis Tsipras demande qu’elle soit en partie abandonnée. Une perspective que rejettent pour l'heure les autres pays européens, Allemagne en tête.

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ELA
Emergency Liquidity Assistance, en français "assistance de liquidités d'urgence". Il s'agit d'une aide octroyée par la Banque centrale européenne aux banques grecques pour faire face aux retraits de capitaux. Explications : en temps normal, une banque ne conserve qu'une petite part des dépôts effectués par ses clients. Elle compte sur le fait que tout le monde ne viendra pas retirer en même temps son argent pour soit octroyer des prêts, soit investir sur les marchés financiers. Le problème, c'est qu'en Grèce, l'inquiétude est telle que tout le monde veut aujourd'hui retirer ses sous. Pour éviter une pénurie d'argent liquide qui mettrait les banques en faillite, la BCE a donc accepté de leur octroyer une ligne de crédit de 89 milliards d'euros. Aujourd'hui, l'inquiétude est que ces 89 milliards de crédit ont été pratiquement intégralement distribués, et certains craignent une faillite du système bancaire grec si le plafond n'est pas relevé.

Euclide Tsakalotos
C'est le nouveau ministre des Finances grec. Il succède à ce poste à Yanis Varoufakis, économiste fantasque qui n'avait pas sa langue dans sa poche et préférait les blousons de cuir et la moto aux traditionnels costumes-cravate des réunions européennes. Ce dernier, qui a plusieurs fois accusé publiquement les autres ministres européens des finances d'être des incompétents responsables de la crise, n'était plus vraiment en odeur de sainteté autour de la table de négociations. Euclide Tsakalotos, qui connaît bien les rouages européens pour avoir été, d'avril à juin, coordinateur de l'équipe grecque à Bruxelles, aura toutefois fort à faire pour convaincre les autres gouvernements de la zone euro de soutenir encore plusieurs années la Grèce.

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FESF
Il s'agit du Fonds européen de stabilité financière. Il a été créé en 2010 pour venir en aide aux pays qui connaissent des difficultés financières. Son principe est simple : il emprunte de l'argent sur les marchés et le prête ensuite à des taux avantageux aux pays qui n'arrivent pas à se financer, comme l'Irlande, le Portugal ou la Grèce. Il est le principal créancier de cette dernière, à qui il a fourni 142 milliards d'euros. A la mi-2013, il a été remplacé par le Mécanisme européen de stabilité (MES). Toutefois, il a toujours la charge de gérer les crédits qu'il a octroyés.

FMI
Le Fonds monétaire international, dirigé par Christine Lagarde, compte également au nombre des créanciers d'Athènes, à qui elle a déjà prêté 32 milliards d'euros. Elle attend d'ailleurs toujours le remboursement d'1,6 milliard, qui devait lui être reversé le 30 juin, un montant sur lequel la Grèce a fait défaut. À la différence des autres créanciers, toutefois, le FMI est plutôt favorable à l'annulation d'une partie de la dette, afin d'alléger les souffrances de la Grèce. Un rapport publié jeudi dernier par le FMI estime en effet qu'une baisse de 30% de cette dette est nécessaire pour que le pays puisse se redresser.

EN SAVOIR + >> Le FMI prêt à apporter son aide à la Grèce

Grexit
Contraction de "Grèce" et d'"exit", ce terme désigne la possibilité d'une sortie du pays de la zone euro. Longtemps considéré comme un tabou en Europe, beaucoup d'analystes financiers le considèrent comme une possibilité envisageable, après la victoire du "non" au référendum dimanche soir. Rien n'est prévu dans les textes européens pour permettre l'abandon de la monnaie unique mais, si aucun argent frais n'est apporté par ses créditeurs, la Grèce pourrait bien être obligée de "créer" une monnaie alternative, les IOU.

EN SAVOIR + >> Quelles seraient les conséquences pour la Grèce d'une sortie de la zone euro ?

IOU
Abréviation de I Owe You, "je vous dois" en Français. Il s'agit d'une monnaie alternative qui pourrait voir le jour en Grèce si le pays venait à manquer d'euros. Concrètement, il s'agit d'une reconnaissance de dette écrite, émise par le Trésor public pour payer les salaires, pensions et autres factures. Un tel document avec une valeur de 100 euros pourrait ainsi remplacer temporairement un billet avec la même valeur. En revanche, rien ne garantit que les commerçants appliqueront le taux d’un IOU pour un euro. S'ils craignent que le gouvernement n'honore pas toutes ses dettes, ils pourraient imposer une décote, par exemple en demandant 200 IOU pour 100 euros. Au risque de faire s'envoler l'inflation dans le pays.

EN SAVOIR + >> C'est quoi le IOU, cette monnaie alternative qui pourrait voir le jour ?

Zone Euro
La Grèce a emprunté 53 milliards d'euros aux Etats-membres de la monnaie unique afin de faire face à ses échéances. Ils ne voient donc pas tous d'un très bon œil que Tsipras leur demande un nouveau geste. L'Allemagne, la Finlande ou encore la Bulgarie estiment en effet qu'Athènes a déjà largement bénéficié de l'aide européenne, et que le temps est venu pour elle d'appliquer les réformes qu'on lui demande ou de laisser tomber la monnaie unique.

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