Danemark : la police s’oppose à la confiscation des bijoux des réfugiés

Danemark : la police s’oppose à la confiscation des bijoux des réfugiés

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MIGRANTS - La semaine dernière, le gouvernement danois a défendu son projet très controversé de confisquer bijoux et autres effets de valeur aux migrants pour financer leur accueil. Mais le chef de la fédération de la police estime que cette loi serait impossible à mettre en œuvre.

Une mesure "impossible à mettre en œuvre". C’est ce qu’estime la police danoise, alors que le parlement s’apprête à voter une loi autorisant la confiscation des bijoux et objets de valeurs apportés par les réfugiés, et ce, afin d’aider au financement de leur accueil.

Interviewé par une radio publique danoise , Claus Oxfelt a expliqué que cette loi serait difficile à mettre en œuvre : "Je ne peux pas imaginer que nous saisissions les alliances des réfugiés qui arrivent dans le pays", a-t-il indiqué. D’autant plus que les policiers n’ont aucune compétence pour évaluer la valeur de ces objets.

Une loi pour confisquer tout objet de valeur

Depuis vendredi, cette proposition que le gouvernement défend âprement , fait scandale chez les opposants, qui la qualifient de dérive "autoritaire" rappelant la spoliation des juifs. Des médias étrangers, comme le Washington Post, ont étalement tancé Copenhague en estimant que ce projet de loi avait une "connotation particulièrement douloureuse en Europe", où les nazis ont spolié les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais pour la ministre danoise de l’Intégration Inger Stojberg, du parti de droite Venstre, qui prône une immigration a minima, ces "critiques ne sont pas justifiées". Le Premier ministre Lars Lokke Rasmussen a de son côté regretté "un portrait erroné du Danemark".

Le projet de loi présenté en novembre doit être débattu au Parlement en janvier. Il prévoit d'autoriser la fouille des bagages des migrants et de confisquer tout objet de valeur ou argent liquide au-delà de 3.000 couronnes danoises (400 euros environ). Les montres, les bijoux auxquels leurs propriétaires manifestent un attachement particulier comme les alliances, mais aussi les téléphones portables, ne sont pas concernés par cette mesure qui s'inscrit dans le cadre d'un resserrement plus large des conditions d'accueil des migrants dans le royaume scandinave.

"Une mesure exceptionnelle dans un contexte exceptionnel"

Une pétition en ligne "Non à la confiscation des biens des migrants" avait recueilli vendredi plus de 6.000 signatures. A en croire le responsable des questions d'intégration pour le parti Konservative, Naser Khader, ce sont les mieux lotis qui prennent le chemin de l'exil, les plus pauvres n'ayant, eux, guère les moyens de payer les passeurs. "Il est inacceptable que les contribuables danois payent pour des demandeurs d'asile dotés d'un patrimoine", plaide-t-il. Le président du Parti populaire danois, formation populiste qui assure une majorité parlementaire à la droite, juge lui aussi "normal que les gens qui viennent ici payent eux-mêmes leurs dépenses s'ils en ont les moyens".

Jacob Mark, du Parti populaire socialiste, s'élève au contraire contre une disposition qui fera "des policiers de vulgaires marchands". Critiqué sur sa gauche, le parti social-démocrate invoque de son côté "une mesure exceptionnelle dans un contexte exceptionnel". Le Danemark a vu arriver plus de 13.000 demandeurs d'asile entre le 1er janvier et le 30 octobre, dont plus du quart au cours du seul mois d'octobre. Dix fois moins que la Suède voisine qui en attend jusqu'à 190.000 sur l'année. Mais le pays entend aussi, via cette mesure, envoyer un signal fort aux migrants, pour les dissuader de transiter par le Danemark.

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