Dans son discours sur l'état de l'Union, Donald Trump fait campagne pour lui-même

Dans son discours sur l'état de l'Union, Donald Trump fait campagne pour lui-même

ETATS-UNIS - A neuf mois de la présidentielle américaine, Donald Trump a vanté mardi ses promesses "tenues" et une économie "rugissante" devant le Congrès, sans dire un mot de son procès en destitution.

Dans un pays qui se nomme les Etats-Unis, et en marge du traditionnel discours sur l'état de l'Union, rarement on aura vu autant d'expressions de désunion politique dans l'enceinte du Congrès. Il y a eu les images qui ont crevé l'écran, celle du président des Etats-Unis Donald Trump évitant ostensiblement de serrer la main que lui tendait la cheffe démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi. Puis celle de cette dernière, une fois l'allocation terminée, déchirant dans un geste spectaculaire sa copie du discours.

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Il y a eu aussi l'attitude des uns et des autres durant le discours en soi. "Contrairement à tant d'autres avant moi, je tiens mes promesses", a lancé Donald Trump, sans cesse coupé par les ovations debout et les "USA, USA" des républicains, tandis que dans l'autre moitié de l'hémicycle, l'opposition démocrate restait assise et le plus souvent de marbre. C'est que nous nous trouvons dans une année électorale, et la bataille, particulièrement rude, a déjà commencé.

"Tyrannie socialiste"

Dans la même Chambre des représentants qui l'a mis en accusation pour "abus de pouvoir" et "entrave à la bonne marche du Congrès", Donald Trump a donc brassé tous les thèmes de la campagne à venir pour le scrutin du 3 novembre : son "mur puissant" contre l'immigration venue du Mexique, son intention d'interdire l'avortement "tardif", et les accusations contre les candidats démocrates qui prônent selon lui une "mainmise socialiste sur notre système de santé".

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Mais c'est surtout sur "la grande réussite économique" des Etats-Unis et le "boom des cols bleus" que le président américain a mis l'accent, lors d'un discours finalement sans annonce ni surprise. "Notre stratégie a fonctionné", a-t-il martelé, citant ses récents accords commerciaux avec la Chine, le Canada et le Mexique. Avant de défendre aussi sa politique étrangère, à l'instar de son soutien à l'opposant vénézuélien Juan Guaido, un de ses invités au Congrès, contre le "dictateur socialiste" Nicolas Maduro dont il a promis de "briser" la "tyrannie". 

Il est, en revanche, passé rapidement sur sa confrontation avec l'Iran et son plan de paix israélo-palestinien, réaffirmant juste son intention de "ramener à la maison" les soldats américains d'Afghanistan où, a-t-il dit, ils n'ont pas vocation à assurer le "maintien de l'ordre pour d'autres pays".

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A aucun moment, l'"impeachment" n'aura été évoqué. Le président, que de nombreux républicains invitaient à tourner vite la page, a donc fait profil bas sur ce point, comme son lointain prédécesseur démocrate Bill Clinton l'avait fait lors de son grand discours annuel devant le Congrès en 1999. Mais l'ombre du procès, qui a marqué une rupture définitive entre les trumpistes et les démocrates, planait sur l'hémicycle, à la veille d'un acquittement quasi-certain. Plusieurs élus de l'opposition ont ainsi quitté l'hémicycle en plein milieu de son discours, dénonçant ses "mensonges".  D'autres l'ont carrément boycotté.

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Il n'empêche : Donald Trump traverse une bonne période. L'acquittement par le Sénat qui se profile mercredi marquera l'épilogue d'une procédure de destitution de cinq mois qui n'a pas fait vaciller une base électorale toujours fidèle. Mieux, selon le dernier sondage de l'institut Gallup, le milliardaire républicain enregistre 49% d'opinions favorables, son score le plus élevé depuis son installation dans le Bureau ovale en janvier 2017. Et cerise sur le gâteau : les primaires démocrates pour lui désigner un adversaire ont débuté lundi dans l'Iowa par un retentissant fiasco.

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