Décapitation de James Foley : l'émouvante lettre à sa famille

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OTAGE - Quelques jours après l'exécution de James Foley par l'Etat islamique, sa famille a publié une lettre que le journaliste avait fait apprendre par coeur à une de ses compagnons de cellule. Une missive où il parle de son enfance, de sa captivité... Extraits.

En captivité, la suppression des libertés atteint un tel niveau qu'elle interdit aux prisonniers de communiquer avec leurs proches. "Chaque lettre que nous a écrite 'Jim' était aussitôt confisquée par ses geôliers", témoigne sa famille en présentant sur Facebook la seule lettre qu'ils ont pu obtenir du journaliste, assassiné le 19 août par ses ravisseurs de l'Etat islamique.

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Une lettre que leur a récitée Diane, "camarade" de cellule de Foley libérée en juin dernier, et à qui ce dernier avait fait apprendre par coeur les mots qu'il voulait transmettre à sa famille.

 "Les souvenirs heureux de mon enfance"

Une grande part de l'émotion de ce texte réside dans les souvenirs d'enfance de Foley. "Je me souviens de nos visites au centre commercial avec Papa, d'une très longue balade à vélo avec maman [...], des parties de loup-garou dans le noir avec Michael." Une façon pour lui de s'"éloigner d'ici", "d'échapper" à sa captivité, en se rappelant les "souvenirs heureux de [son] enfance, ces moments spéciaux [qui lui] permettent de garder espoir." 

► "Cela nous aide à faire passer le temps"

A l'instar des journalistes français libérés en avril dernier, et avec qui il a d'ailleurs partagé des moments de captivité , James Foley raconte qu'il cherche surtout à tuer le temps. Ce qui passe par... les jeux. "Dames, échecs, Risk... Nous avons organisé des tournois, passant certains jours à préparer les stratégies pour le jour suivant. [...] Cela nous a aidé à faire passer le temps." 

"J'ai eu de mauvaises et de bonnes semaines", raconte-t-il encore, "heureux" de voir ses nombreux  – ils ont été jusqu'à "18 dans une cellule" – camarades de geôle être libérés, mais "aspirant à (sa) propre libération". 

► "J'aurai besoin de toi pour me reprendre"

Enfin, il dispense quelques mots à ses proches : à sa sœur Katie, "la plus forte et la meilleure d'entre nous", dont il espère assister au mariage ; à sa fratrie, à qui il lègue son argent, "s'il en reste un peu". Et enfin à sa grand-mère, à qui il demande de "continuer (son) traitement, les promenades et la danse." Et qu'il implore, pour conclure sa lettre : "Reste forte, j'aurai besoin de toi pour reprendre ma vie en main."

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