Décès d'un soldat français dans la zone irako-syrienne : qu'est-ce que l'opération Chammal ?

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CONTRE-TERRORISME - Un militaire français, adjudant du 13e Régiment de dragons parachutistes, est mort samedi durant une mission dans la zone irako-syrienne. C'est la première victime française dans le cadre de l'opération Chammal, lancée en septembre 2014. De quoi s'agit-il ?

Un adjudant du 13e régiment de dragons parachutistes a trouvé la mort samedi lors d'une mission dans la zone irako-syrienne, conduite dans le cadre de l'opération Chammal, a annoncé dans la soirée l'Elysée. Le palais présidentiel a rendu hommage "aux militaires qui combattent avec courage et abnégation les groupes terroristes au Levant comme au Sahel". 


Le militaire est la première victime dans les rangs français depuis le lancement de cette opération en septembre 2014, qui avait marqué le début de l'engagement français contre Daech au Levant. Que sait-on aujourd'hui de l'opération Chammal ?

Volet français de "Inherent Resolve"

Chammal, lancée en septembre 2014, est le volet français de l'opération "Inherent Resolve", qui rassemble soixante pays et vise à apporter un soutien militaire aux forces irakiennes engagées contre Daech sur leur territoire. La zone a été étendue à la Syrie un an plus tard, dans le contexte de la menace terroriste pesant sur la France, afin de frapper les centres où l'organisation terroriste planifiait ses attentats. L'opération vise non seulement à épauler les forces présentes sur place, en frappant les capacités militaires de l'ennemi, mais aussi à former les forces de sécurités irakiennes.

Une opération en partie aérienne

Une grande partie de l'opération est aérienne, avec le déploiement ininterrompu de 14 avions Rafale basés en Jordanie et aux Emirats Arabes Unis. Leurs cibles sont les complexes de fabrication d'engins explosifs et les trafics servant de source de financement à l'Etat islamique.  


Selon le ministère des Armées, de septembre 2014 à juillet 2017, 6.500 sorties aériennes ont été effectuées, menant à 1.300 frappes et "2.000 objectifs détruits" en Irak et en Syrie.  Depuis 2016, l'opération a en outre impliqué à plusieurs reprises le groupe aéronaval de la marine, composé notamment de 2.800 hommes et du porte-avions Charles de Gaulle. 

Un soutien au sol

L'opération Chammal comporte également un volet au sol, avec, depuis septembre 2016, le déploiement en Irak d'un groupement d'artillerie (la "task force Wagram"), composé de 150 militaires et de quatre canons Caesar, qui suivent l'évolution des troupes irakiennes. Ils étaient positionnés en juillet au nord de Mossoul, ayant participé à la libération de cette ville. En outre, une centaine de militaires français sont mobilisés à Bagdad pour former les troupes irakiennes, notamment en renforçant leurs capacités de commandement. 

1.200 hommes actuellement

Actuellement, Chammal mobilise 1.200 soldats. Le 13e régiment de dragons parachutistes, dont faisait partie le militaire français tué samedi, est engagé dans de nombreuses opérations extérieures dans les zones de conflit. Mais ce régiment qui fait partie des forces spéciales françaises n'est officiellement présent ni en Syrie, ni en Irak.  Il est  basé à  Martignas-sur-Jalle, en Gironde. 

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