Le Danemark décide de priver de nationalité les enfants de djihadistes

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PRIVATION DE CITOYENNETÉ - Le Danemark a annoncé que les enfants nés à l'étranger de djihadistes danois ne se verraient pas accorder la nationalité danoise.

Le Danemark a tranché ce jeudi 28 mars : les enfants - nés à l'étranger - de parents danois partis faire le djihad n'auront pas la nationalité danoise. Le gouvernement a annoncé cette décision après un accord avec son allié, la formation populiste du Parti du peuple danois. "Contrairement aux règles actuelles, les enfants qui vont naître dans des zones où il est illégal d'entrer ou de résider ne recevront pas automatiquement la nationalité danoise", a indiqué le ministère de l'Immigration et l'Intégration dans un communiqué.

Leurs parents ont tourné le dos au Danemark, il n'y a pas de raison que les enfants deviennent citoyens danoisInger Stojberg, ministre danoise de l'Immigration et de l'Intégration

Au Danemark, rejoindre ou tenter de rejoindre une zone de conflits où sévit une organisation terroriste, pour combattre à ses côtés, est passible de poursuites depuis 2016. A ce jour treize danois ont été condamnées pour ces raisons. Neuf d'entre eux ont été déchus de leur nationalité danoise et expulsés. Les autres étant exclusivement danois, ils ne peuvent pas être privées de nationalité, d'après la législation en vigueur. 

Le gouvernement prévoit néanmoins de faciliter le retrait de la nationalité danoise pour les binationaux, qui pourra désormais se faire par simple arrêté administratif. Copenhague estime qu'une quarantaine de djihadistes ayant des liens avec le pays scandinave se trouve encore sur les anciens territoire de l'Etat Islamique. 

Un nombre inconnu d'enfants concernés

En revanche, le nombre d'enfants nés la-bas d'au moins un parent danois est inconnu des autorités. Et ce nouvel accord du gouvernement ne risque pas d'aider à mieux connaître leur situation. "Leurs parents ont tourné le dos au Danemark, il n'y a pas de raison que les enfants deviennent citoyens danois", a insisté la ministre de l'Immigration et de l'Intégration, Inger Støjberg. La date à laquelle le Parlement débattra du projet de loi n'est pas encore connue mais la ministre a estimé que ce serait une formalité. "J'ai du mal à imaginer qu'il existe des partis au Parlement qui ne veulent pas protéger le Danemark", a-t-elle affirmé auprès de l'agence de presse locale Ritzau.

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Une décision qui semblera extrême pour certains, légitimes pour d'autres, tant partout en Europe les avis sont tranchés sur le sort des enfants de djihadistes. En France, la question fait particulièrement débat, alors que cinq d'entre eux ont été rapatriés ce mois-ci. Une décision prise, selon le quai d'Orsay, au vu de leur situation d'enfants "particulièrement vulnérables". Décrits comme "orphelins" et "isolés" se trouvaient dans le nord-est de la Syrie, dans le camp de Al-Hol. Ils sont rentrés à bord d'un avion de l'armée de l'air française et n'ont pas encore été remis à leurs familles. Selon les estimations des autorités françaises, environ 80 enfants français se trouvaient aux mains des forces arabo-kurdes fin février 2019.

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