Brexit : les expatriés sont en plein doute, et Theresa May ne fait pas grand-chose pour les rassurer

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ROYAUME-UNI - Depuis l’annonce du Brexit, les expatriés sont dans l’incertitude. Pour la première fois, certains d’entre eux ont même manifesté dans les rues de Londres. Que va changer la sortie de l'UE, enclenchée ce mercredi, pour les trois millions d’Européens installés en Angleterre ? Le gouvernement laisse planer le doute quant à leur sort.

Quel avenir pour les expatriés ? A l’heure où le Royaume-Uni se prépare officiellement à tirer sa révérence, ils sont nombreux – trois millions d’Européens, pour être précis – à se poser la question. Fin février, des centaines de ressortissants se sont rassemblés au pied de Westminster afin de témoigner leur inquiétude. Et elles sont nombreuses : pourront-ils continuer à vivre, travailler, profiter de leur retraite et bénéficier de soins à l'étranger ? Faudra-t-il des visas, des permis de travail, des autorisations de résidence ? Ou faudra-t-il tout simplement plier bagage ?

Un "cauchemar bureaucratique"

Preuve de l’importance qu’elle accorde au sujet, la Commission parlementaire sur le Brexit a écouté en janvier huit expatriés, quatre résidant au Royaume-Uni et quatre sur le continent, exposer leurs angoisses face à une situation qu'ils subissent, souvent impuissants. "Les gens sont inquiets. L'incertitude, les menaces d'expulsion, le sentiment d'ostracisation : certains sont malades à cause du stress", a affirmé Barbara Drozdowicz, une Polonaise directrice d'un centre d'aide pour les Européens de l'Est.


En outre, tous ont insisté sur leur exaspération face au "cauchemar bureaucratique" pour obtenir un permis de résident permanent. Anne-Laure Donskoy, universitaire française à Bristol, a même posé sur la table une pile impressionnante de papiers : un dossier "cauchemardesque" de 85 pages à remplir où il faut répondre à des questions "ridicules", comme  "avez vous été un terroriste ?" Et une tonne de preuves, attestations d'emploi, factures ou billets d'avion, "qui découragent d'entreprendre les démarches".

Britanniques ou continentaux, tous ont demandé à ce que ce soit le Royaume-Uni qui prenne l'initiative en garantissant les droits des Européens. Pour l'instant, la Première ministre Theresa May s'est refusée à le faire, tant qu'elle n'a pas l'assurance de réciprocité de ses partenaires européens.

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