A Menton, les contrôles à la frontière suscitent une certaine incompréhension

L'Italie a rouvert ses frontières avec l'Hexagone ce mercredi. Mais à cause des contrôles toujours aussi intransigeants du côté français, cette réouverte a occasionné des bouchons et des énervements.
International

FRONTALIER - Ville frontalière avec l'Italie, Menton est le théâtre d'énervement et d'incompréhension côté français, en raison de la réouverture des frontière.

A Menton, la réouverture des frontières décidées par le gouvernement italien provoque des remous. D'autant que la situation est relativement complexe pour les frontaliers qui semblent un peu perdus. Les contrôles pour entrer en France depuis l'Italie qui a rouvert sa frontière mercredi 3 juin, ont suscité de l'énervement au poste frontière de Menton sur la Côte d'Azur, dès ce matin, comme l'a constaté l'AFP.  

En cause ? Des contrôles très stricts côté français où davantage de monde tentait d'entrer en France que de personnes souhaitant rejoindre l'Italie. "On a une situation un peu complexe, il y a une réouverture totale des frontières italiennes mais la situation n'est pas identique côté français", indique une source policière. 

Pour entrer en France, "on exige toujours d'un travailleur italien une attestation de l'employeur et si c'est un Roumain qui transite vers l'Espagne, il doit avoir une attestation employeur et une attestation de résidence en Espagne", a-t-on ajouté de même source. "Pour les Français, en principe, ça va plus vite", estime-t-elle. Dans la pratique, les automobilistes ayant des plaques d'immatriculation françaises et les nombreux frontaliers prenant leur service en France ou à Monaco doivent montrer patte blanche comme les autres. Les contrôles sont systématiques, alors qu'ils sont d'ordinaire aléatoires.

Lire aussi

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

En fin de semaine dernière, la préfecture avait rappelé que le gouvernement était favorable à une réouverture des frontières intérieures de l'Union européenne à compter du 15 juin. Une décision qui devait cependant faire l'objet d'un décret. "Les contrôles seront maintenus jusqu'à la réouverture de la frontière française", avaient prévenu les autorités françaises.

"Apparemment, la France voulait qu'ils rouvrent tous ensemble, alors ils font un caca nerveux", commente auprès de l'AFP, Frederic van Went, paysagiste à Roquebrune-Cap Martin (Alpes-Maritimes) dont les jardiniers italiens ont eu du mal à passer. "On exige un nouveau papier, je ne sais pas lequel, on a du mal à suivre... On a l'impression qu'il y a des jours où, on sait pas pourquoi, ils veulent faire du zèle. Au début, c'est l'Italie qui bloquait et la France qui laissait passer", ajoute-t-il.

Envoyé à la pêche aux renseignements, un Français désireux d'aller faire un aller-retour rapide en Italie s'est fait expliquer la nouvelle règle et d'expliquer à l'AFP : "Pour rentrer (en France), il faut une attestation dérogatoire, un justificatif de domicile et une pièce d'identité et on nous a prévenu que si on va en Italie pour acheter des cigarettes ou du salami, c'est 135 euros d'amende!" au retour. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent