Pourquoi les Américains et les Russes ne sont pas acceptés en Europe?

Pourquoi les Américains et les Russes ne sont pas acceptés en Europe?

TOURISME - Alors que l'UE rouvre ce 1er juillet à 15 pays, de nombreux touristes ne pourront pas visiter le continent cet été. LCI fait le point sur les raisons retenues par les 27 pour dire non à l'entrée de ces ressortissants.

Feu vert pour les Canadiens et les Algériens, mais pas pour les Américains et les Russes. Alors que la France est une destination touristique internationale, elle va devoir se passer de nombreux visiteurs cette année. Si l'Union européenne a permis, à partir de ce mercredi 1er juillet, l'accès à l'espace Schengen à 15 pays, de nombreux ressortissants ne peuvent, pour le moment, pas entrer sur le territoire. C'est notamment le cas pour ceux en provenance de Russie et des Etats-Unis, mais aussi de Chine ou de Turquie. Alors comment ont-ils été choisis ? On vous explique.

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Un taux d'incidence inférieur à la moyenne de l'UE

La précaution semblait absolument nécessaire. Car si l'Europe fut un temps l'épicentre de l'épidémie, elle semble désormais avoir juguler la maladie. Ce qui est loin d'être le cas dans le reste du monde, où la pandémie vient de franchir deux seuils symboliques. A savoir plus d'un demi-million de morts et dix millions de malades. Les frontières de Schengen ne pouvant pas rester grande ouvertes, les 27 ont cherché un compromis entre les impératifs sanitaires, le souci de faire redémarrer l'économie grâce au secteur touristique mais aussi de nombreuses considérations géopolitiques. Cette liste, adoptée mardi 30 juin à l'issue de nombreuses tractations et d'un vote à la majorité qualifiée des pays de l'UE, est donc fondée "en particulier" sur des critères épidémiologiques, mais pas uniquement. 

Critère principal retenu par l'UE, celui du taux de nouveaux cas, appelé "taux d'incidence" dans le jargon. Il doit être proche ou en-dessous de la moyenne du continent, à savoir 16 pour 100.000 habitants, sur les 14 derniers jours. Sont donc automatiquement exclus notamment les Etats-Unis, pays le plus lourdement touché par le Covid-19, mais aussi la Russie. Ainsi, selon une base de données du New York Times, ce nombre est de 107 outre-Atlantique. Au Brésil, il s'élève même à 190. En comparaison, en France métropolitaine, le taux d'incidence était de 4,9 sur la semaine du 14 au 20 juin, selon les dernières données de Santé publique France.

Des critères épidémiologiques et diplomatiques

D'autres critères sont également pris en compte, comme une tendance à la stabilité ou la baisse des nouveaux cas. Et il faut dire que dans le pays dirigé par Donald Trump, on en est encore très loin. Pour preuve, un graphique de la chaîne américaine CNN qui illustre exactement la situation. Avec deux courbes des cas diamétralement opposées, les deux continents ne se dirigent pas vers la même sortie de crise. En Europe les nouveaux cas ont culminé vers la mi-mars et suivent depuis une nette tendance à la baisse, tandis qu'aux États-Unis, ils sont clairement repartis à la hausse. Témoin de cette aggravation, le Dr Anthony Fauci, éminent membre de la cellule de crise de la Maison blanche, a clairement reconnu que les autorités sanitaires n'avaient "pas le contrôle total" sur la pandémie. Il redoute même une explosion du nombre de cas, passant de 40.000 actuellement à 100.000 nouveaux malades par jour. D'ailleurs, au sein même du pays, l'Etat de New York a lui même mis en place des mesures strictes pour ses voisins, doublant ce mardi le nombre d'Etats dont les visiteurs sont soumis à une quarantaine. Autre critère essentiel, les mesures mises en place par le pays tiers pour lutter contre la pandémie. Là encore, la situation est incomparable. Alors que de nombreux pays européens  se sont confinés au printemps, certains États américains ne sont jamais entrés dans un strict "lockdown" quand d'autres ont rouvert beaucoup trop tôt, et ça dès le 1er mai.

Cela n'a pas empêché le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a espérer une solution "dans les prochaines semaines" pour la reprise des échanges entre les deux continents, estimant qu'il était "important pour les Etats-Unis que les Européens puissent revenir", et réciproquement.

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Même constat épidémiologique en Russie, où le taux d'incidence est de 80 avec par exemple 6556 nouveaux cas enregistrés ce mercredi 1er juillet. Mais même si la situation était un peu plus positive, d'autres considérations sont entrées en jeu au moment du choix des 27. Notamment des considérations géopolitiques. Ainsi, l'UE impose un "principe de réciprocité". En clair, "si nous leur ouvrons la possibilité de voyager dans l'UE, nous attendons qu'ils fassent de même pour les voyageurs venant de nos pays", pour reprendre les explications de la commissaire aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, le 11 juin dernier. Hors, la Russie a annoncé la fermeture de toutes ses frontières le 28 mars. Si le 8 juin, Moscou annonçait une réouverture partielle des frontières, les ressortissants étrangers ne pourront venir que pour se faire soigner ou s'ils doivent s'occuper de proches.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les touristes chinois pourraient se voir refuser l'entrée dans l'espace Schengen. Les Européens ont clairement posé comme condition que le pays admette sur son sol les visiteurs non essentiels venant de l'UE, ce qui n'est actuellement pas le cas

Pour le moment, tous ces Etats ne respectent donc tout simplement pas ces critères. Cependant, rien n'est figé. La liste a ainsi vocation à être révisée toutes les deux semaines. Une lueur d'espoir pour certains pays, comme la Turquie. Avec un nombre de cas légèrement reparti à la hausse ces dernières semaines sous l'effet de l'assouplissement des mesures le mois dernier, elle ne fait pas partie des 15. Le chef de la diplomatie a donc fait part de sa "déception" d'avoir été exclu, à l'heure où le gouvernement s'efforce, comme partout dans le monde, de se présenter comme un pays sûr afin de sauver ce qui peut l'être de la saison touristique estivale.

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