Décret anti-immigration de Trump : à quoi faut-il s'attendre à partir de ce jeudi ?

ÉTATS-UNIS - Les nouvelles restrictions d'entrée aux Etats-Unis prévues par le décret anti-immigration de Donald Trump doivent entrer en vigueur jeudi. Mais un grand flou règne sur leur champ d'application.

Prévenir l'arrivée de "terroristes étrangers". C’est l’objectif affiché par l’administration Trump, dont le décret anti-immigration entre en vigueur ce jeudi. Sauf que le flou règne sur son champ d’application, et donc sur les nouvelles restrictions d’entrée aux États-Unis.


De nombreuses questions restent en effet en suspens. Le décret, censé prévenir l'arrivée de "terroristes étrangers", interdit temporairement l'entrée aux États-Unis aux ressortissants de six pays musulmans (Syrie, Libye, Iran, Soudan, Somalie et Yémen), ainsi qu'aux réfugiés du monde entier. Mais les hauts magistrats ont tempéré lundi sa portée : le texte, ont-ils décidé, ne s'appliquera pas à qui pourra justifier d'une "relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis".

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Ce compromis va appeler un déluge d'actions en justiceLe juge Clarence Thomas

Ainsi, a détaillé la Cour, quelqu'un venant rendre visite à un membre de sa famille proche sera admis. Tout comme le sera un étudiant intégrant une université américaine ou un salarié recruté par une entreprise locale. Ou encore un professeur convié à donner une conférence aux États-Unis. Mais en-dehors de ces exemples explicites, comment faut-il comprendre la notion de "raison valable" ? Une simple réservation hôtelière sera-t-elle considérée suffisante ? Comment un réfugié syrien pourra-t-il prouver l'existence d'un lien préalable entre lui et les États-Unis ? Les juristes se le demandent.


Résultat : la solution choisie par la plus haute juridiction américaine inquiète aussi bien les opposants au décret que ses plus fermes partisans. Tous prévoient une multiplication de procédures autour de l'interprétation de cette notion de "raison valable". "Ce compromis va appeler un déluge d'actions en justice", a averti le juge conservateur Clarence Thomas, "tandis que les parties et les tribunaux s'escriment à déterminer ce qui définit exactement une raison valable". Interrogés, les ministères américains de la Justice, de la Sécurité intérieure et des Affaires étrangères n'ont pas été en mesure de fournir des détails sur l'application du décret.


Si la controverse risque donc de se poursuivre dans les salles d'audience, les experts s'attendent en revanche à un impact relativement limité dans les aéroports. Sans nul doute, les autorités américaines ne veulent-elles pas voir se reproduire le chaos qu'avait causé le 27 janvier la mise en oeuvre d'une première version du décret migratoire. Celui-ci avait déclenché des réactions outrées tout autour de la planète, tandis que les aéroports américains avaient été les théâtres de vastes manifestations spontanées, des arrivants s'étant retrouvés brutalement détenus et menacés d'expulsion.

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