Décret anti-immigration : la troisième fois a été la bonne pour Donald Trump

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INTERNATIONAL - Le jugement met fin à plusieurs mois de bataille judiciaire. Donald Trump a salué "une fantastique victoire" après "des mois d'hystérie", et a promis de défendre "la souveraineté et la sécurité du peuple américain". Les opposants au texte dénoncent un décret "anti-musulman".

La Cour suprême américaine a rendu mercredi matin un avis favorable au décret de Donald Trump qui interdit l'entrée à tout voyageur en provenance des pays suivants : Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie et Corée du Nord. La plus haute juridiction du pays bloque aussi l'entrée de certains responsables gouvernementaux du Venezuela. En tout, 150 millions de personnes seraient concernées. L'écrasante majorité serait de confession musulmane. 


Pour les neuf juges, majoritairement conservateurs, le président n'a fait qu'user de façon légitime de ses prérogatives en matière d'immigration. Ils déclarent dans leur compte-rendu : "l'Etat a mis en avant une justification suffisante en termes de sécurité nationale". Il ont voté à 5 contre 4 que le décret ne violait pas la Constitution des États-Unis. Une décision symbolique, quelques jours après l'émoi qu'avait suscité la séparation des familles de migrants à la frontière avec le Mexique.

Un observateur raisonnable conclurait que le décret était motivé par un préjugé antimusulman.Sonia Sotomayor, juge à la Cour Suprême

Le texte est la troisième mouture d'un décret qui avait provoqué l'indignation internationale en entrant en vigueur en janvier 2017, une semaine après l'entrée en fonction de Donald Trump. Les opposants au texte dénonçaient un "décret anti-musulman" alors que la Constitution interdit toute discrimination religieuse, une thèse vivement combattue par le gouvernement. "Un observateur raisonnable conclurait que le décret était motivé par un préjugé anti-musulman", a d'ailleurs écrit la juge Sonia Sotomayor, parmi les quatre progressistes, dans un argumentaire de désaccord joint à l'arrêt.

Des "impératifs de sécurité nationale"

Donald Trump avait justifié son décret par des "impératifs de sécurité nationale", martelant qu'il visait à empêcher l'entrée de "terroristes étrangers". Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les attaques les plus graves aux États-Unis ont pourtant été commises soit par des Américains, soit par des personnes ne venant pas des pays visés par le décret.


Cette décision "s'inscrira dans l'Histoire comme l'une des plus grandes erreurs de la Cour suprême", a estimé Omar Jadwat, de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), qui avait appelé à une manifestation devant le siège de l'institution. À Los Angeles, quelque 200 personnes, membres d'églises ou d'organisations catholiques et d'associations de défense des immigrés, ont manifesté contre la venue du ministre de la Justice, Jeff Sessions. 


"Sessions as-tu un cœur ?", scandait la foule, alors que la Californie, bastion démocrate, est fustigée par les conservateurs pour gêner les arrestations de clandestins.

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