Décrets et sommet pour le climat... Joe Biden avance au pas de charge sur l'urgence climatique

Joe Biden lors d'une conférence à la Maison Blanche le 26 janvier 2021 sur la réponse à la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 400.000 morts aux États-Unis

ENGAGEMENT - La Maison Blanche a fait savoir ce mercredi que le réchauffement climatique était désormais une "urgence nationale". Joe Biden en a profité pour signer une série de décrets en faveur de l'environnement et annoncé l'organisation d'un sommet pour le climat.

Fermement décidé à tourner la page Trump, Joe Biden s'empare du dossier climat à bras-le-corps depuis son arrivée à la Maison Blanche. Le démocrate a annoncé ce mercredi la tenue le 22 avril, journée de la Terre, d'un sommet international sur le climat. La date correspond aussi au cinquième anniversaire de la signature de l'accord de Paris, que les États-Unis ont à nouveau rejoint quelques heures après l'entrée en fonction du nouveau président. Cet événement devrait se tenir de façon virtuelle, en raison de la pandémie de Covid-19.

Le président américain a dans le même temps pris une série de mesures en faveur du climat, lui permettant de se rapprocher de manière concrète de son objectif d'abandon progressif des énergies fossiles, et d'une neutralité carbone dans le secteur énergétique d'ici 2035 et dans l'ensemble de l'économie d'ici 2050. 

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Biden et Harris à la Maison Blanche

Un moratoire sur les forages d'hydrocarbure

La première d'entre elles, et non des moindres, est celle d'un moratoire sur les forages d'hydrocarbures sur les terres et dans les eaux fédérales. S'il n'aura pas d'incidence sur les concessions déjà accordées, il permettra à Joe Biden de tenir l'une de ses promesses de campagne.

Après que l'administration de Donald Trump a ouvert la quasi-totalité des terres appartenant au gouvernement fédéral au forage, il souhaite voir les États-Unis s'engager à préserver l'intégrité de 30% des terres et des eaux fédérales d'ici 2030, afin d'enrayer la disparition de la biodiversité. En outre, Joe Biden va ordonner aux agences fédérales d'investir dans les zones dépendantes économiquement des énergies fossiles. Selon un rapport gouvernemental datant de 2018, près d'un quart des émissions de dioxyde de carbone aux États-Unis proviennent d'énergie produite sur des terrains fédéraux. 

Le réchauffement climatique, la nouvelle "urgence nationale" des Etats-Unis

Le président américain a également annoncé que les considérations climatiques deviendraient un élément essentiel de la diplomatie et des politiques de sécurité américaines. Le réchauffement climatique va ainsi être considéré comme une "urgence nationale", ce qui impliquera, rapporte le New York Times, la reconstitution d'un conseil scientifique composé d'experts. Il permettra de coordonner le programme climatique de Biden aux côtés d'un groupe de travail national sur le climat qui comprendra 21 dirigeants d'agences gouvernementales.

En parallèle, le nouveau locataire de la Maison Blanche fait savoir qu'il allait créer un "corps civil pour le climat" afin de travailler à la sauvegarde de l'environnement, à la création d'emplois allant dans le sens de la transition énergétique et pour permettre de mutualiser les plans d'actions de chaque État pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le président américain a également signé ce mercredi un décret pour le passage à l'électrique de la vaste flotte de voitures et de camions du gouvernement.

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Le début d'un travail de longue haleine

Dans un entretien diffusé jeudi 10 décembre sur la radio publique NPR, l'émissaire spécial pour le climat, John Kerry, estimait qu'il ne sera "pas si simple", pour les États-Unis, de "retrouver leur crédibilité" auprès des autres pays engagés pour le climat, la lutte contre le réchauffement climatique ne se contentant pas seulement de promesses. En signant ce mercredi cette série de décrets et en annonçant l'organisation d'un sommet pour le climat, Joe Biden frappe néanmoins fort. Pour Gene Karpinski, le président du parti écologique de la League of Conservation Voters, il s'agit du "plus grand jour pour l'action climatique depuis plus d'une décennie". "Et ce qui le rend encore meilleur, c'est que le président Biden et la vice-présidente Harris ne font que commencer", se réjouit-il dans les colonnes du Guardian.

La liste des tâches à accomplir par Joe Biden est en effet conséquente. Des chercheurs du Sabin Center for Climate Change Law de la Columbia Law School à New York ont dressé une liste de 159 mesures relatives au climat, décidées par Donald Trump, qui diminuent les protections environnementales, et sur lesquelles le président élu pourrait revenir. Mais malgré toute la bonne volonté du monde, le temps perdu en matière de protection du climat, lui, ne se rattrape pas.

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