Défenseur de l'environnement : un engagement qui peut tuer

Défenseur de l'environnement : un engagement qui peut tuer

ECOLOGIE – L'annonce de l'arrestation de quatre personnes dans le cadre de l'enquête sur le meurtre d'une militante écologiste renommée au Honduras, en mars dernier, semble confirmer la piste d'un crime perpétré en raison de l'action environnementale de la victime. Comme elle, de nombreux militants ont payé de leur vie leur engagement en faveur de la nature ces dernières années.

Deux mois après le meurtre de la militante écologiste Berta Caceres, les autorités honduriennes ont annoncé l'arrestation de quatre suspects. Le bureau du procureur a donné les identités des personnes interpellées. Comme s'y attendait notamment la famille de la victime, il ne s'agit pas de "voleurs" comme annoncé tout de suite après la mort de l'activiste hondurienne. Outre deux militaires, l'un des suspects, Sergio Antonio Rodriguez Orellana, est employé de l'entreprise Desarrollos Eléctricos S.A. (DESA) à laquelle Berta Caceres s'était fortement opposée.

Dirigeante du Conseil civique des organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH), Berta Caceres s'était notamment fait connaître pour sa défense du fleuve Gualcarque (nord-ouest du Honduras), où l'entreprise DESA prévoit de construire un barrage hydroélectrique menaçant de priver d'eau des centaines d'habitants de la région.

116 militants écologistes tués en 2014

La mort de la militante écologiste, lauréate 2015 du prix Goldman pour la défense de l'environnement, s'ajoute à la longue liste des représentants indigènes et militants écologistes assassinés au Honduras ces dernières années et plus globalement à travers le monde.

Selon l'ONG britannique Global Witnesses, engagée notamment pour la préservation des ressources naturelles, au moins 116 défenseurs de l'environnement ont été tués en 2014 dans le monde, Brésil en tête avec 29 militants tués recensés, suivi de la Colombie (25), des Philippines (15) et du Honduras (12). Parmi eux, 40% font partie de groupes indigènes, précise l'ONG. Au Honduras, pas moins de 109 personnes ont été tuées entre 2010 et 2015 pour s'être opposés à des projets de barrage, de mines ou à des activités destructrices de l'industrie agro-alimentaire.

Les commanditaires courent toujours

Commentant ces chiffres, l'un des militants de Global Witnesses expliquait : "au Honduras et à travers le monde, les défenseurs de l'environnement sont assassinés par balles en pleine journée, enlevés, menacés, ou jugés en tant que terroristes pour s'être mis en travers du soi-disant 'développement'". Et le membre de l'ONG de souligner que les "vrais responsables de ces crimes (...)  s'en sortent sans être punis."

Le meurtre violent d'un jeune protecteur des tortues de mer au Costa Rica, en 2013, avait ainsi provoqué une vive émotion dans le pays. Après avoir été acquittés en janvier 2015, quatre des sept accusés du meurtre de Jairo Mora viennent finalement d'être condamnés à des peines allant de 74 à 90 ans de prison. Dans l'exposé du verdict, les trois juges de la cour de Limon ont indiqué que le travail de préservation des tortues de mer réalisé par Jairo Mora était la motivation première des meurtriers.

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