Démantèlement de la "Jungle" de Calais : la Belgique barricade sa frontière avec la France

FRONTIÈRE – Avec le démantèlement du plus grand bidonville d’Europe qui doit commencer lundi à Calais, la Belgique craint de voir affluer un grand nombre de réfugiés. Le ministre belge de l’Intérieur assure que son pays "fera tout" pour les en empêcher.

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais inquiète la Belgique. L’évacuation des 6400 personnes (chiffre de la préfecture) vivant dans le plus grand bidonville d’Europe va commencer ce lundi dès 8H00  Le gouvernement belge redoute de voir affluer un grand nombre de ces réfugiés sur son sol. 


Assurant que son pays "fera tout" pour qu'aucun camp similaire ne s'installe sur son territoire, le ministre belge de l’Intérieur Jan Jambon a annoncé ces mesures de renfort des effectifs à la frontière. Lundi, pas moins de 120 policiers seront ainsi mobilisés dans la zone transfrontalière. 50 d’entre eux sont déjà présents depuis samedi. 

Inquiétudes autour du port de Bruges-Zeebrugge

"Ce sont des gens sans documents officiels, nous devons les arrêter", souligne le ministre. "Ils peuvent demander l’asile, mais sinon, nous savons que beaucoup d’entre eux ne le font pas, ils seront reconduits à la frontière française." Il précise que les forces de l’ordre resteront sur place "tant que nécessaire". 


Objectif des autorités d’Outre-Quiévrain : empêcher que des migrants ne tentent de rejoindre les différents ports de mer du Nord. Et notamment celui de Bruges-Zeebrugge – le 2e le plus important de Belgique, avec de nombreuses liaisons vers le Royaume-Uni – qui se trouve à seulement 60 km de la France, à 110 km de Calais.   

Je veux aller en Belgique et j’y arriverai (…) D’abord la Belgique, puis ensuite l’AngleterreUn réfugié à la frontière franco-belge

Car si la France promet de son côté de transférer les réfugiés de la "Jungle" dans des centres dédiés aux quatre coins de l’Hexagone, ces derniers rêvent pour la plupart des îles britanniques. Et après avoir parfois traversé des dizaines de pays et connu les pires difficultés, beaucoup sont plus déterminés que jamais. 


"Je veux aller en Belgique et j’y arriverai", raconte l’un d’eux, tout juste refoulé par des policiers belges. "Aujourd’hui, demain, je vais essayer encore et encore. D’abord la Belgique, puis ensuite l’Angleterre."

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Les occupants "Jungle" de Calais se confient à l’approche du démantèlement

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Avant le démantèlement de la jungle de Calais, des camps sauvages apparaissent

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Le démantèlement de la "Jungle" de Calais

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